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24 novembre 2017

Un an de mauvais traitements dans les geôles chinoises pour Huang Qi, lauréat du Prix RSF

AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Ce 28 novembre marque le premier anniversaire de la détention de Huang Qi, prix RSF 2004 et fondateur du site 64 Tianwang. Le journaliste est victime de mauvais traitements et de violences qui font craindre pour sa vie.

Le 28 novembre 2016, il y a tout juste un an, Huang Qi, prix RSF 2004 et fondateur du site d’information 64 Tianwang, prix RSF 2016, était interpellé à son domicile par la police chinoise. Un an après, le journaliste âgé de 54 ans est toujours en détention provisoire au centre pénitentiaire de Mianyang, dans des conditions qui font craindre pour sa vie.


Selon l’avocate Li Jinlin, qui a pu lui rendre visite le 3 novembre dernier, le journaliste a “perdu du poids”, se plaint d’être “forcé à travailler quatre à six heures par jour” en dépit de son état de santé et a été battu à plusieurs reprises, des violences attestées par “un hématome important”. Contrairement aux autres détenus, il est empêché d’accéder aux médicaments, compléments alimentaires et produits de première nécessité dont il a besoin.


“Mauvais traitements et refus de soins sont une pratique courante en Chine, comme en témoignent les morts récentes du prix Nobel de la Paix et prix RSF Liu Xiaobo et du blogueur Yang Tongyan, victimes de cancers non-soignés durant leur détention, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF, qui enjoint les autorités chinoises à “faire preuve d’humanité en libérant immédiatement Huang Qi et tous les autres détenus à la santé fragile.”


Les séquelles de huit années de prison


Le travail journalistique de Huang Qi, centré sur la défense des victimes de l’appareil d’État chinois, lui a déjà valu par le passé huit années d’emprisonnement durant lesquelles il a développé des problèmes cardiaques, une néphrite et des kystes au foie. Le 28 novembre 2016, le journaliste était interpellé à son domicile, semble-t-il pour avoir écrit sur les violences commises par la police du Sichuan contre des pétitionnaires locaux. Le 16 décembre, il était formellement arrêté pour “divulgation de secrets d'État à l'étranger”, un motif fourre-tout qui peut, dans les cas extrêmes, valoir la peine capitale.


Parmi les autres journalistes chinois en danger de mort se trouve la célèbre journaliste Gao Yu, 73 ans, Plume d'or de la liberté 1995 et lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse de Unesco/Guillermo Cano 1997, en résidence surveillée et empêchée de se faire soigner à l’étranger ; l’éditeur hongkongais Yiu Mantin, 73 ans, qui purge une peine de dix ans pour avoir tenté de publier des révélations sur le président Xi Jinping ; et Liu Xia, 56 ans, veuve de Liu Xiaobo, qui est maintenue à l’isolement depuis plus de dix ans.


La Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes et les militants des droits civils et occupe le bas du classement RSF de la liberté de la presse (176e sur 180 pays).