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6 juillet 2020 - Mis à jour le 7 juillet 2020

Russie : Svetlana Prokopieva reconnue coupable d’“apologie du terrorisme” pour une chronique

Crédit : Sofia Rusova
Jugée aujourd’hui, la journaliste écope d’une amende. Le tribunal n’a pas suivi la réquisition du procureur, qui réclamait une peine de prison ferme. Reporters sans frontières (RSF) exprime un certain soulagement mais dénonce une condamnation injuste et demande son acquittement.

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Sûre de son innocence, Svetlana Prokopieva a accueilli la nouvelle avec un calme exemplaire. Condamnée pour ”apologie du terrorisme”, la journaliste doit verser 500 000 roubles d’amende (environ 6160 euros). Une trentaine de personnes, dont un représentant de RSF et des collègues de Radio Svoboda (service russe du média américain Radio Free Europe/Radio Liberty), étaient présents aujourd’hui dans la salle du tribunal de Pskov (Nord-Ouest) pour la soutenir.


Son crime : s’être exprimée à la radio sur l’attentat-suicide d’un jeune anarchiste qui s’est fait exploser devant le siège du FSB (services secrets) à Arkhangelsk, au bord de la Mer Blanche. Elle a lié l’attentat au climat politique en Russie. L’accusation s’appuie notamment sur des examens psychologiques et linguistiques de sa chronique.


“Cette condamnation est aussi ubuesque qu’arbitraire, en aucun cas Svetlana Prokopieva n’a justifié cet acte de terrorisme, déplore Jeanne Cavelier, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF. La loi est détournée pour intimider les journalistes qui font leur travail et restreindre de manière inédite la liberté d’expression. RSF est soulagée que la journaliste ait échappé à une peine de prison et à l’interdiction d’exercer son métier, mais exhorte les autorités à l’acquitter. Nous la soutenons dans sa volonté de faire appel.”


“Je ne suis pas coupable”, a martelé avec force Svetlana Prokopieva à la sortie de l’audience, remerciant ceux qui se sont mobilisés pour la défendre. Après une réquisition sévère du procureur, qui a exigé six ans de prison ferme et une interdiction d’exercer son métier pendant quatre ans, des journalistes ont manifesté spontanément ce week-end à Moscou et à Pskov en soutien à Svetlana Prokopieva. Une douzaine d’entre eux ont été interpellés.


La Russie occupe la 149e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2020, publié par RSF.


Retrouvez plus d’information sur cette affaire dans les précédents communiqués de RSF, du 10/07/2019 et du 25/09/2019.