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9 mai 2016 - Mis à jour le 12 mai 2016

RSF exprime son soulagement après la libération des trois journalistes espagnols kidnappés en Syrie

Reporters sans frontières (RSF) exprime un profond soulagement et une immense joie après la libération de d’Antonio Pampliega, José Manuel López et Ángel Sastre, journalistes espagnols enlevés et séquestrés en Syrie depuis dix mois.

« Le moment que nous attendions depuis près d’un an est enfin arrivé : nous exprimons notre bonheur et notre soulagement à l’occasion de la libération d’Antonio Pampliega, José Manuel López et Ángel Sastre – une libération que nous demandions depuis le premier jour de leur disparition. Nous avons vécu dans l’angoisse depuis l’enlèvement des trois journalistes, adhérents de RSF, et leur mise en liberté nous inspire une joie indescriptible. Nous continuerons à offrir notre aide et notre soutien aux trois journalistes ainsi qu’à leurs familles et nous sommes reconnaissants de la confiance dont ils ont toujours fait montre à RSF. » a déclaré Malén Aznárez, présidente de la section espagnole de RSF.


Les trois journalistes travaillaient comme freelance et venaient de pénétrer le territoire syrien par la frontière turque lorsqu’ils ont disparu le 12 juillet 2015 à Alep (nord ouest de la Syrie). Bien que l’identité des auteurs de l’enlèvement n’ait jamais été officiellement confirmée, les médias espagnols ont toujours attribué cette action à Al-Nosra, qui contrôle la zone dans laquelle ils se sont évanouis. Durant leur dix mois de détention, les reporters ont changé de lieu de séquestration à six reprises. Les trois journalistes sont restés ensemble les trois premiers mois, avant qu’Antonio Pampliega ne soit isolé du groupe.


« Ça a été merveilleux de lui parler au téléphone, confiait encore émue María del Mar Rodríguez, la mère d’Antonio Pampliega, à RSF-Espagne. Il avait toujours la même voix, sa voix d’enfant, et il s’excusait constamment de ce qu’il m’avait fait subir. » La mère d’Antonio Pampliega a expliqué que la famille savait que les trois journalistes étaient vivants. « Tout le monde a vraiment été à la hauteur. Je veux remercier RSF d’avoir respecté le silence que nous demandions et constamment rappelé leur situation ainsi que celle de tous les autres journalistes séquestrés. » a-t-elle ajouté.


RSF considère la Syrie comme le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes. Depuis le début de la guerre, en mars 2011, au moins 139 journalistes et 47 citoyens journalistes ont été assassinés. Près d’une trentaine sont toujours emprisonnés par le régime syrien et au moins 26 – dont six étrangers – ont disparu ou demeurent séquestrés par des groupes radicaux armés, dont Daesh et Al-Nosra.


« Ces factions utilisent les enlèvements de journalistes étrangers à plusieurs fins : c’est à la fois un moyen d’obtenir des rançons, une façon de semer la terreur dans les villes contrôlées et un outil de propagande. Nous appelons à la libération immédiate de tous les journalistes séquestrés, pour lesquels nous continuerons à nous battre par tous les moyens. » a déclaré la présidente de la section espagnole de RSF.



La Syrie occupe la position 177 sur 180 au Classement mondial de la liberté de presse 2016 établi par RSF.