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14 mars 2019 - Mis à jour le 15 mars 2019

RSF demande la mise en oeuvre immédiate du dispositif de protection policière pour la journaliste italienne Marilu Mastrogiovanni.

Après que la préfecture de Lecce dans les Pouilles a décidé d’accorder une protection policière complète à la journaliste d’investigation Marilu Mastrogiovanni menacée de mort par la mafia, Reporters sans frontières (RSF) appelle désormais les autorités régionales à valider au plus vite ce dispositif pour qu’il puisse être effectif.

La journaliste d’investigation Marilú Mastrogiovanni, directrice du site d’information Il Tacco d’Italia, qu’elle a fondé en 2003, va enfin pouvoir bénéficier d’une protection policière complète. Spécialiste de l’organisation mafieuse Sacra Corona Unita – connue comme la "quatrième mafia" d'Italie-, elle jouissait jusqu'ici d'une protection policière flexible, jugée insuffisante à la lumière des dernières et très graves intimidations reçues. 


La décision d’accorder une protection policière complète a été prise par la préfète de la ville de Lecce dans les Pouilles, Maria Teresa Cucinotta, suite aux menaces de mort (environ 4000 emails) adressées à la journaliste qui s’intéresse notamment à la gestion criminelle des déchets dans cette région du sud de l’Italie. Une enquête policière a confirmé l’implication du réseau criminel Sacra Corona Unita dans cette campagne d’intimidation. Il manque encore cependant le feu vert des autorités régionales pour que la journaliste puisse bénéficier de ce dispositif, chaque fois qu’elle se rend dans sa région natale du Salento qu’elle a été contrainte de quitter avec sa famille il y a un an.


Ne pas agir signifierait exposer plus longtemps la journaliste à de graves menaces de mort, déclare Pauline Adès-Mével, responsable de la zone Union européenne et Balkans de RSF. Reporters sans frontières avait appelé les autorités locales à tout mettre en œuvre pour protéger la journaliste dès l’été 2018, alors que la reporter était particulièrement menacée. Notre organisation se réjouit que la préfète ait accordé cette protection dont la mise en oeuvre dépend désormais du comité provincial pour l’ordre et la sécurité de Bari et Lecce.


En Italie, qui occupe la 46e place au Classement de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF, les journalistes d’investigation sont souvent pris pour cibles par les réseaux mafieux. En mai 2018, Paolo Borrometi avait échappé à une tentative d’assassinat en Sicile et aujourd’hui une dizaine de journalistes font l’objet d’une protection renforcée.