Actualités

16 juin 2021 - Mis à jour le 20 juin 2021

RSF considère que les autorités marocaines sont comptables de la survie du journaliste Souleiman Raissouni 

Après 70 jours de grève de la faim, le journaliste Souleiman Raissouni, en détention provisoire depuis plus d’un an, est aujourd’hui extrêmement affaibli. Reporters sans frontières (RSF) considère que les autorités marocaines sont responsables de son sort et demande au roi Mohamed VI d’intervenir de toute urgence pour le faire libérer et éviter qu’il ne se meure en prison.

Le procès de Souleiman Raissouni devait avoir lieu le 15 juin au tribunal de Casablanca. Extrêmement affaibli par sa grève de la faim commencée le 8 avril 2021, le rédacteur en chef du quotidien arabophone Akhbar al-Yaoum (Les nouvelles du jour) n’a pas pu y assister, ce qui a conduit les juges à reporter son procès pour la neuvième fois. Si les premiers reports avaient été demandés par les avocats du journaliste pour protester contre les vices de procédures des autorités marocaines, les dernières demandes s’expliquent par l’incapacité physique du journaliste de supporter de longues audiences. 


Alors que sa vie est aujourd’hui gravement menacée, les autorités marocaines persistent à refuser d'hospitaliser Souleiman Raissouni - une décision aussi aberrante qu’inhumaine, dénonce le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaieb Khayati. Pour que cet acharnement ne mène pas au pire et que le Maroc n’ait pas à porter la terrible responsabilité d’avoir laissé mourir un journaliste en prison, nous appelons le roi Mohammed VI à intervenir de toute urgence pour permettre sa libération provisoire.” 


Souleiman Raissouni, en détention provisoire depuis un an, observe depuis 70 jours une grève de la faim pour demander sa libération provisoire, Après avoir épuisé tous les recours judiciaires possibles, il a opté le recours à ce mode ultime de protestation pour faire valoir ses droits à un procès juste et équitable, Poursuivi pour une affaire de mœurs, que ses avocats et proches estiment montée de toutes pièces, il risque jusqu'à 10 ans de prison. 


Le roi Mohammed VI a déjà accordé sa grâce dans le cadre d’affaires similaires. La nièce du rédacteur en chef d’Akhbar al-Yaoum, Hajar Raissouni, journaliste pour le quotidien et qui avait été accusée d’“avortement illégal” et de “relation hors mariage”, en a bénéficié le 16 octobre 2019. 


Le Maroc occupe le 136e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2021 de RSF.