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1 juin 2021

RSF appelle le roi du Maroc à user de son influence pour obtenir la libération des journalistes détenus arbitrairement au péril de leurs vies

Reporters sans frontières (RSF) appelle le roi Mohammed VI à user de son influence pour obtenir la libération des journalistes marocains Omar Radi et Souleiman Rassouni dont la santé est menacée et que leur soit garantit un procès juste et équitable.

Les procès des journalistes Omar Radi et Souleiman Raissouni, doivent s’ouvrir respectivement le 1er et le 3 juin, s’ils ne sont pas à nouveau reportés, comme cela a déjà été le cas trois fois pour Omar Radi et à cinq reprises en ce qui concerne Souleiman Raissouni. Poursuivis pour des affaires de mœurs ou d’atteinte à la sécurité de l’Etat pour lesquelles ils risquent jusqu'à 10 ans de prison, le journaliste du site d’information Le Desk et le rédacteur en chef du quotidien Akhbar Al Yaoum ont vu toutes leurs demandes de libération provisoire rejetées (quatre pour Omar Radi et neuf pour Souleiman Raissouni), et ce malgré l'absence de preuves satisfaisantes. Les journalistes ont également vu leurs droits bafoués : Omar Radi n’a pas eu accès à son dossier pour préparer sa défense pendant les dix premiers mois de son incarcération. Souleiman Raissouni n’a quant à lui, pas pu communiquer librement avec sa défense durant les quinze jours qui ont suivi son arrestation et est maintenu en isolement total depuis le début de son incarcération, le 22 mai 2020.


 «La négation de droits élémentaires, les multiples reports de procès et les rejets de demandes de libération provisoire attestent d’un acharnement politique et judiciaire particulièrement scandaleux, dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Pour mettre un terme à l’intrumentalisation évidente d’une justice qui harcèle des journalistes connus pour leur indépendance et leur intégrité, RSF en appelle au Roi du Maroc Mohammed VI, afin d’obtenir au plus vite leur libération et de leur garantir un procès juste et équitable. Agir est d’autant plus urgent que leur santé est menacée.»


Les deux journalistes ont cessé de s’alimenter pour protester de leur situation. Après 21 jours de grève de la faim, Omar Radi, souffrant de la maladie de Crohn, a été contraint  d’y mettre un terme. Souleiman Raissouni, poursuit quant à lui sa grève de la faim depuis 53 jours. Le journaliste souffre d'hypertension chronique, il ne peut plus marcher, ni parler et n’a pas été en mesure de se défendre lors de son procès le 18 mai dernier qui s’est ouvert brièvement avant d’être reporté.


Omar Radi, journaliste enquêtant sur des affaires sensibles et militant des droits humains, a été accusé d’espionnage à la suite d’un rapport d’Amnesty International affirmant que son téléphone était espionné par les autorités marocaines. Le journaliste est également poursuivi pour “viol” suite à une plainte déposée en juillet 2020 par une de ses collègues. Son collègue, Imad Stitou, a été cité comme témoin à décharge puis comme co-accusé dans l’affaire, pour « participation au viol» et est également en attente de son procès. Quant à Soulaiman Raissouni, connu notamment pour ses écrits sur la corruption dans le royaume, il est poursuivi pour “attentat à la pudeur avec violence et séquestration”. Le témoignage d’un jeune activiste de la communauté LGBTQ publié sur les réseaux sociaux qui lui a valu son incarcération n’a jamais été réitéré devant les juges.


Le Maroc occupe le 136e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2021 de RSF.