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14 mai 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF condamne la “guerre de l’information” autour de la tentative de coup d’Etat au Burundi


La tentative de coup d’Etat au Burundi entraîne une insupportable ”guerre de l’information” lors de laquelle les médias font l’objet de graves violences.

Dans la journée du 14 mai, le siège de la Radio Télévision Nationale (RTNB), fidèle au président Pierre Nkurunziza, faisait l’objet de combats entre les forces loyalistes et les putschistes. Attaquée à l’arme lourde, elle a cessé d’émettre. La nuit précédente, les forces loyalistes ont violemment attaqué et pillé plusieurs radios privées dont la très populaire Radio Publique Africaine (RPA), visée à la roquette, puis incendiée. Cette dernière, fermée depuis fin avril, avait été ré-ouverte la veille par les putschistes. Elle a ensuite abondamment diffusé les messages de ces derniers. Le président de l'Observatoire de la presse au Burundi et directeur de la Radio Télévision Renaissance, Innocent Muhozi, a affirmé que son média, principale chaîne de télévision privée du pays, avait été pris d’assaut cette nuit par des forces de l’ordre fidèles au président. Une employée aurait été grièvement blessée pendant l’attaque. La radio Bonesha FM, également dans le collimateur des autorités, a été mise à sac.

“Une telle guerre de l’information, consistant à s’en prendre avec violence à des radios et chaînes de télévision, est proprement intolérable, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les journalistes dignes de ce nom ne doivent pas être victimes du conflit que se livrent les forces fidèles au président Nkurunziza et les putschistes. Alors que le chaos règne au Burundi, il est essentiel que les médias puissent continuer d’émettre afin d’informer la population burundaise de la réalité des événements.”

Après l’annonce de la candidature du président à un troisième mandat, le 26 avril, le pays s’est embrasé. Depuis lors, les autorités se sont efforcées de contrôler voire de bloquer l’accès à l’information. La RPA avait été contrainte de fermer sous la pression des autorités. Bonesha FM, Isanganiro, Radio télevision Renaissance et CCIB FM+ émettaient toujours dans la capitale mais ne pouvaient plus diffuser en province.

Le Burundi se situe à la 145e place sur 180 pays dans le Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.