Actualités

16 octobre 2016 - Mis à jour le 25 janvier 2017

RSF appelle à la libération immédiate de la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh

Blogger Nguyen Ngoc Nhu Quynh, aka Me nam (source: http://www.freeforallblog.org)
Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités vietnamiennes à libérer la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh, également connue sous le pseudonyme "Me Nam" (Mother Mushroom), arrêtée le 10 octobre 2016 pour « propagande anti-gouvernementale ».


Nguyen Ngoc Nhu Quynh a été arrêtée alors qu’elle rendait visite à un autre dissident en prison dans le sud de Nha Trang (Sud). La blogueuse avait publié des articles sur Facebook dénonçant la mort de civils alors qu’ils étaient maintenus en garde à vue par la police. Elle est accusée d’avoir “déformé la vérité et l’histoire, diffamé le Parti communiste au pouvoir et avoir incité à la violence contre le Parti”, en violation de l’article 88 du code pénal, selon le journal officiel du ministère de la Sécurité publique. Nguyen Ngoc Nhu Quynh risque jusqu’à 20 ans de prison.


Dans le collimateur des autorités depuis des mois, elle avait récemment dénoncé la mauvaise gestion des autorités après la fuite massive de polluants industriels de l’usine sidérurgique taïwanaise Formosa Ha Thinh Steel Corporation, survenue en avril dernier au centre du pays, qui avait décimé des milliers de tonnes de poisson. Selon un rapport de la police, plus de 400 articles seraient mis en cause par les autorités.


Une fois de plus les autorités invoquent l’article 88 du code pénal, arme de dissuasion massive, pour faire taire toute critique envers le Parti et étouffer notamment ses manquements en matière de gestion de crise environnementale”, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous exhortons les autorités à relâcher immédiatement la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh ainsi que tous les autres détenus à ce jour dont le seul crime est d’avoir voulu informer librement leurs concitoyens. Nous accueillons favorablement la déclaration de l’Union européenne mais appelons tous les pays membres à lui faire échos. Nous attendons également de l’Union européenne qu’elle prenne des mesures fortes afin que le Vietnam respecte ses obligations en matière de droits de l’homme.”


La détention de Me Nam s’inscrit dans une vague de répression menée par l'État-parti depuis le printemps 2016 : le mois dernier, une cour vietnamienne a condamné le célèbre blogueur Nguyen Huu Vinh à cinq ans de prison ainsi que son assistant Nguyen Thi Minh Thuy à trois ans d’emprisonnement. Les blogueurs indépendants constituent la cible privilégiée des autorités dans ce pays où les médias sont étroitement contrôlés et où la moindre présomption de critique du pouvoir de la part d’un journaliste peut entraîner arrestation et détention arbitraire.


Le Vietnam occupe la 175e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2016.