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18 août 2017 - Mis à jour le 13 octobre 2017

RSF appelle à la libération du blogueur vietnamien Nguyen Van Oai

Nguyen Van Oai soutient le journaliste-citoyen et cyberactiviste emprisonné Nguyen Van Dai. photo : Viet Tan
Pour la deuxième fois en quatre ans, le blogueur Nguyen Van Oai comparaît devant la justice vietnamienne. Reporters sans frontières (RSF) appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.

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Actualisation :

A l’issue d’un procès qui a duré à peine quatre heures, le blogueur vietnamien Nguyen Van Oai a été condamné lundi 18 septembre à cinq ans d’emprisonnement suivi de quatre ans d’assignation à résidence. RSF condamne fermement ce jugement inique, et soutient Oai dans sa volonté de faire appel.

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Après sept mois passés en détention, le blogueur Nguyen Van Oai doit comparaître devant la justice vietnamienne ce lundi 21 août 2017, dans la province de Nghe An (centre du pays). Il avait été arrêté le 19 janvier dernier dans la même région pour avoir prétendument résisté à des agents de l’Etat en service et quitté sa résidence sans permission préalable lors de sa période probatoire. Nguyen Van Oai avait déjà été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement ainsi que de trois ans d’assignation en résidence surveillée en 2013 pour avoir entretenu des liens avec le Viet Tan, une organisation pro-démocratie considérée comme terroriste par le gouvernement, en vertu de l’article 79 du code pénal.


Actif sur les réseaux sociaux, le blogueur couvrait des sujets sensibles et avait notamment milité en faveur des prisonniers politiques et dénoncé des injustices sociales sur sa page Facebook. En 2013, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) avait statué que la situation de Nguyen Van Oai était contraire aux normes internationales et relevait de la détention arbitraire.


Nguyen Van Oai fait partie de ces voix citoyennes qui ont recours aux nouveaux moyens technologiques pour protester contre le Parti au pouvoir et sa politique, déclare Reporters sans frontières. Les charges retenues contre lui servent simplement de prétexte aux autorités pour mettre un terme à des écrits jugés gênants pour le gouvernement vietnamien. Nous lançons un appel ferme en direction des autorités et de la justice locale afin qu’elles libèrent inconditionnellement ce blogueur qui n’a commis aucun crime.


Au vu du peu d’éléments relatifs à l’audition de lundi fournis par les autorités, RSF craint une fois de plus un procès expéditif, comme ce fut le cas lors des audiences de la blogueuse Tran Thi Nga, condamnée à neuf ans de prison le mois dernier, ou de Nguyen Ngoc Nhu Quynh, qui a écopé d’une peine de 10 années de prison à l’issue d’un procès à huis clos. Ces parodies de justice s’inscrivent dans une tactique générale de répression engagée par le Parti unique à l’encontre des voix critiques dans le pays. Le dissident Pham Minh Hoang avait quant à lui été expulsé du pays après avoir été déchu de sa nationalité vietnamienne. Au total, au moins 20 activistes ont été victimes de harcèlement ou arrêtés depuis le début de l’année. RSF se joint aux défenseurs de Nguyen Van Oai qui appellent aujourd’hui à se mobiliser en sa faveur sur les réseaux sociaux avec le hashtag #FreeNguyenVanOai.


Le pays se situe à la 175ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2017.