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26 novembre 2018

Royaume-Uni: dépôt d’une plainte contre le groupe chinois CCTV-CGTN, qui avait diffusé des confessions forcées

Un ancien journaliste britannique, victime en 2013 de la pratique des aveux forcés à la télévision d’État chinoise, a déposé vendredi à Londres une requête pour “violation du code de la radiodiffusion” contre le groupe audiovisuel CCTV-CGTN.

Le Britannique Peter Humphrey, détenu en Chine en 2013 et qui avait été contraint d'avouer des crimes présumés à la télévision d’État chinoise, a déposé vendredi une plainte auprès de l’autorité de régulation britannique, l’Ofcom (Office of Communications), dans laquelle il réclame la révocation de la licence du groupe audiovisuel d’État chinois CCTV-CGTN, qui avait diffusé ses confessions forcées au Royaume Uni.


« Un média qui exhibe des détenus comme des bêtes de foire et diffuse leurs aveux dictés par l'État ne fait pas du journalisme, mais de la propagande, et ne peut en aucun cas se prévaloir de la liberté de la presse comme excuse”, rappelle Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’est de RSF, qui estime « nécessaire que les démocraties se protègent contre la menace que représentent les informations biaisées répandues par les régimes autoritaires comme la Chine.»


Humphrey, un ancien journaliste, estime que CCTV-CGTN aurait violé une vingtaine de dispositions du code britannique de la radiodiffusion, qui exige notamment l’impartialité et interdit de faire pression sur les personnes en situation de détresse. Cette plainte intervient alors que le groupe CCTV-CGTN développe sa présence dans le monde: il doit en particulier ouvrir à Londres son plus grand bureau international le mois prochain, avec près de 300 recrutements annoncés.


Selon l’ONG Safeguard Defenders, les chaînes d’État chinoises ont diffusé au moins 48 confessions forcées depuis 2013, dont celle de Gao Yu, ancienne correspondante de Deutsche Welle, en mai 2014 ; celle de l’éditeur suédois Gui Minhai en janvier 2016 et celle du journaliste citoyen Chen Jieren en août 2018.


La Chine est une des plus grandes prisons du monde avec plus de 60 journalistes professionnels et non-professionnels derrière les barreaux. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF, le pays stagne au 176e rang sur 180. Le Royaume-Uni, pour sa part, se situe au 40e rang.