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23 septembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Prison à vie pour le blogueur ouïghour, Ilham Tohti


Reporters sans frontières est consternée par le verdict du tribunal d’Urumqi (Xinjiang), qui condamne ce 23 septembre 2014 le blogueur et défenseur de la liberté d’information Ilham Tohti à la prison à vie pour ‘séparatisme’
Ilham Tohti, professeur d’économie à l’Université Centrale des Minorités de Pékin, est le directeur du site Uighurbiz.net. Créé en 2006, Uighurbiz est connu pour appeler au dialogue entre Ouïghours et Hans. En 2009 déjà, Ilham Tohti avait été arrêté et détenu pendant plus d’un mois dans un lieu secret pour avoir relayé des informations concernant les émeutes au Xinjiang. Aucune charge n’avait été officiellement retenue contre lui. Les autorités déclaraient alors qu’il était ‘parti en vacances’. Son site a également été fermé à plusieurs reprises. Ilham Tohti est de nouveau arrêté en janvier 2014, probablement suite à ses commentaires concernant ‘l’incident’ de Tian’anmen en octobre 2013. Cible de menaces, d’arrestations et d’interrogatoires à répétition, Ilham Tohti, musulman modéré appelant au dialogue, a été officiellement accusé de ‘séparatisme’ le 30 juillet dernier, puis condamné à la prison à vie ce 23 septembre. Face à ce verdict disproportionné, Ilham Tohti a déclaré vouloir faire appel. L’interdiction d’assister au procès, qui s’applique aux diplomates étrangers et aux médias internationaux, et sa tenue sous haute surveillance laissent présager un procès inique, et des décisions largement influencées par le pouvoir chinois. “Reporters sans frontières condamne cette nouvelle atteinte à la liberté d’information, qui consiste à enfermer un homme à vie pour ses écrits, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de l’organisation. Le cas d’Ilham Tohti est représentatif, des arrestations massives et des ‘stadium trials’ concernant des cas de ‘séparatisme’ ou de ‘terrorisme’, alimentant les tensions entre Ouïghours et Hans. Les autorités chinoises doivent cesser ces campagnes de violence et d’intimidations à l’égard des journalistes et netcitoyens Ouïghours”, conclut Benjamin Ismaïl. La Chine est classée 175e sur 180 pays dans le Classement mondial 2014 de la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières.