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17 août 2017

Pour RSF, les plus hauts responsables de la République iranienne sont responsables de la vie de Mehdi Karoubi

Reporters sans frontières (RSF) fait part de sa plus grande inquiétude concernant l’état de santé du propriétaire d’un journal interdit, Mehdi Karoubi, hospitalisé suite à une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention.

Une semaine après avoir subi une opération du coeur, le propriétaire du journal suspendu Etemad Melli, Mehdi Karoubi, a annoncé qu’il entamait une grève de la faim pour protester contre sa détention, depuis six ans, en résidence surveillée. Son épouse Fatemeh Karoubi confirme que son mari a complètement cessé de s’alimenter pour faire entendre ses deux demandes: « la première est de faire sortir les gardiens du ministère des Renseignements de son domicile, la deuxième est d’être jugé par un tribunal public conformément à l'article 168 de la constitution.*»


Le 17 août, Mehdi Karoubi a été hospitalisé pour la huitième fois en six ans de résidence surveillée et a été transféré dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Rajai à Téhéran. Agé de 79 ans, il souffre de plusieurs maladies qui se sont aggravées en raison de sa réclusion et son impossibilité de se déplacer.


Reporters sans frontières est indignée par le comportement des autorités iraniennes et tient le guide suprême Ali Khamenei et le président de la République, Hassan Rohani, personnellement responsables de la lente agonie de Mehdi Karoubi. RSF demande également à Asma Jahangir, la rapporteur spéciale chargée d’examiner la situation des droits de l’homme en Iran, de réagir immédiatement compte tenu du danger réel qui pèse sur la vie de Mehdi Karoubi. Notre organisation compte sur Asma Jahangir pour exiger des autorités iraniennes le respect du droit national et des normes internationales. Privé du droit à un procès équitable, le maintien en résidence surveillée de Mehdi Karoubi est une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l'homme.”


Mehdi Karoubi et l’ancien Premier ministre Mir Hossein Mousavi, propriétaire du journal suspendu Kalameh Sabaz, ainsi que son épouse, l’écrivain Zahra Rahnavard, sont illégalement placés en résidence surveillée et privés de tous leurs droits depuis le 24 février 2011. Ces leaders du mouvement de protestation contre la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2008 sont considérés comme les “têtes de sédition’ par les responsables du régime. Leur état de santé est très inquiétant.


L’Iran est classé 165e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières.


*l’article 168 de la Constitution iranienne établit que les procès pour des délits «politiques» ou des délits de «presse» doivent être publics.