Actualités

1 mars 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Oscar Espinosa Chepe soumis à un contrôle politique mais dispensé de travail obligatoire


Emprisonnés lors de la vague de répression de mars 2003, Oscar Espinosa Chepe (photo) et Jorge Olivera Castillo avaient été libérés pour raison de santé à la fin de l'année 2004. Les deux hommes, convoqués par les tribunaux de La Havane les 28 février et 1er mars, risquent de retourner en prison.

Cité à comparaître le 28 février devant le Tribunal municipal de Playa (La Havane), Oscar Espinosa Chepe s'est vu notifier un contrôle quotidien de son « attitude sociale » et l'obligation de demander un permis de sortie 72 heures à l'avance pour quitter la capitale. Le journaliste indépendant sera donc placé sous la surveillance constante des instances politiques de son quartier : Parti et Jeunesses communistes, Comité de défense de la révolution, Association des combattants de la révolution et Fédération des femmes cubaines. Le 6 mars, il devra se présenter devant les représentants de ces instances, qui veilleront sur son « comportement » et en rendront compte au Tribunal. En cas de manquements et si son état de santé s'améliore, la licence extra-pénale dont il bénéficiait depuis le 29 novembre 2004 sera révoquée et il retournera en prison. Oscar Espinosa Chepe a également interdiction de déménager sans autorisation du Tribunal.
La présidente du Tribunal de Playa, Sandra Méndez, avait requis contre le journaliste une obligation de travailler au sein d'une structure d'Etat. Oscar Espinosa Chepe a obtenu d'être dispensé de cette mesure compte tenu de son âge (65 ans).

____________________________________________________________

28.02.06 - Deux journalistes risquent de retourner en prison, Reporters sans frontières dénonce une « mascarade judiciaire »

Reporters sans frontières redoute que les convocations au tribunal des journalistes indépendants Oscar Espinosa Chepe et Jorge Olivera Castillo n'aboutissent à un retour de ces derniers en prison. Les deux hommes, incarcérés lors de la vague de répression de mars 2003, avaient été libérés à la fin de l'année 2004. Ils ont l'un et l'autre sollicité, en vain, une autorisation de sortie de l'île.

« Ces convocations intempestives au tribunal relèvent de la mascarade judiciaire. A quoi rime de vouloir faire renoncer à leur vocation des journalistes indépendants en sachant pertinemment qu'ils ne céderont jamais ? Si les autorités cubaines tiennent tant à réduire Oscar Espinosa Chepe et Jorge Olivera Castillo au silence, pourquoi n'accèdent-elles pas à leur demande de sortie du pays ? La répression des voix dissidentes est de toute façon vouée à l'échec », a déclaré Reporters sans frontières.

Condamné en avril 2003 à 20 ans de prison, Oscar Espinosa Chepe a bénéficié d'une licence extra-pénale pour raison de santé le 29 novembre 2004. « Cette licence risque d'être révoquée par la justice, ce qui signifierait mon retour en prison. Le pays est traversé par une nouvelle vague répressive et la presse indépendante est en première ligne », a déclaré le journaliste à Reporters sans frontières, la veille de sa comparution, dans la matinée du 28 février 2006, devant le tribunal municipal de Playa (La Havane).

Condamné à 18 ans de prison en 2003 et libéré le 6 décembre 2004, Jorge Olivera Castillo est attendu le 1er mars devant le tribunal municipal de la vieille Havane, qui l'avait déjà convoqué le 21 février. Les juges avaient alors notifié au journaliste une interdiction de sortie de la ville et l'obligation de travailler au sein d'une structure d'Etat. Jorge Olivera Castillo avait été averti qu'il retournerait automatiquement en prison en cas de manquement à ces obligations. La décision du 1er mars pourrait entériner cette mesure car, comme il l'avait confié à Reporters sans frontières au sortir de sa comparution du 21 février, Jorge Olivera Castillo n'a pas l'intention de renoncer à ses activités journalistiques.

Enfin, par décision du tribunal municipal de l'Est-Havane du 15 février, Reinaldo Cosado Alén, de l'agence indépendante Lux Info Press, devait entamer, le 28 février, une peine de « travail correctionnel sans internement » pour une amende de 1 000 €, prétendument impayée depuis dix ans !