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7 décembre 2017

Non au “tribunal professionnel pour journalistes”, oui à la réflexion sur un conseil de presse !

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les récentes attaques verbales proférées contre des journalistes par Jean-Luc Mélenchon et rappelle qu’un débat sur la déontologie journalistique ne peut s’engager que dans un climat serein.

Depuis sa participation à L'Emission politique le 30 novembre dernier sur France 2, le leader de La France insoumise, multiplie les critiques contre la chaîne et l’accuse d'avoir organisé un "traquenard médiatique" contre lui. Sur son blog L’ère du Peuple, Jean-Luc Mélenchon propose de créer “un tribunal professionnel qui puisse être saisi (...) contre les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs” et invite les Français à signer une pétition pour créer un « conseil de déontologie du journalisme ».


Envisager la création d’un conseil de presse qui permettrait à tous les citoyens de s’adresser à une instance à même de se prononcer sur d’éventuels manquements éthiques est une piste de réflexion intéressante, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Mais en aucun cas le media-bashing et le dénigrement ne peuvent servir de base à un débat serein et digne de ce nom sur les médias. Nous nous élevons contre la brutalité de certains propos.


RSF rappelle que la législation française dispose déjà de mécanismes permettant de sanctionner les délits de presse devant les tribunaux. Les journalistes peuvent être notamment poursuivis pour injure et diffamation. La loi permet par ailleurs l'exercice d’un droit de réponse ou de rectification, par la personne nommée ou désignée par un article ou une émission. Les tribunaux peuvent également sanctionner la diffusion volontaire de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique.


La loi Bloche, qui est récemment venue compléter la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, prévoit par ailleurs la mise en place de comités éthiques dans les rédactions et donne mission au CSA de garantir "l'honnêteté, l'indépendance et le pluralisme de l'information et des programmes qui y concourent". Pour obtenir la correction ou la sanction de manquements à la déontologie, les citoyens peuvent demander au CSA de mettre en demeure une chaîne pour lui faire respecter ses obligations d'honnêteté, d'indépendance et de pluralisme.


Une réflexion sur la création d'une instance chargée de la déontologie de l'information en France a par ailleurs été engagée fin 2013 à la demande de la ministre de la Culture et de la Communication. Le rapport intitulé : « Autorégulation de l'information : Comment incarner la déontologie ? » dresse un état des lieux des positions des professionnels et des associations investies dans le domaine de la déontologie de la production de l'information en France.




La France figure à la 39e place du Classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.