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16 octobre 2018

Neuf ans de prison : nouvelle condamnation contre le blogueur vietnamien Do Cong Duong

Do Cong Duong (droite) a été condamné à un total de neuf ans de prison pour avoir porté la voix des expropriés. Le jour de sa condamnation, RSF apprenait la prolongation de la détention du journaliste Le Anh Hung (photos : RFA - leanhhung.com).
Un mois après avoir été condamné à une première peine de quatre ans de prison, le blogueur vient d’être frappé par une nouvelle peine de cinq ans d’emprisonnement. Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités vietnamiennes à mettre un terme à cette spirale de répression des journalistes indépendants qui portent la voix de la population.


Neuf ans derrière les barreaux… C’est le funeste sort qui attend le blogueur Do Cong Duong, condamné en fin de semaine dernière à cinq ans de prison pour avoir “abusé de ses libertés démocratiques”, pour reprendre la qualification pour le moins équivoque du code pénal vietnamien. Une peine qui vient s’ajouter à la sentence de quatre ans de prison qui l’a déjà visée le mois dernier pour “trouble à l’ordre public”.


En l’occurrence, Do Cong Duong avait publié plusieurs articles et vidéos sur les droits fonciers dans le pays, et notamment les expropriations forcées qui visent les franges les plus vulnérables de la populations vietnamienne, victimes de l'urbanisation galopante du pays.


“Cette double peine relève de l’acharnement, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. En mettant Do Cong Duong derrière les barreaux, les autorités vietnamiennes privent à nouveau la société civile d’une voix qui portait les revendications de la population. En cela, elles se coupent toujours plus du peuple qu’elles prétendent défendre.  Il est plus que temps de mettre fin à la spirale infernale dans laquelle s’est lancée l’actuelle direction du parti au pouvoir pour faire taire toute voix indépendante.”


Le jour de la condamnation de Do Cong Duong, le 12 octobre, par le tribunal de Bac Ninh, en banlieue de Hanoi, RSF apprenait que la police de la capitale avait décidé de prolonger de deux mois la détention provisoire du journaliste indépendant Le Anh Hung, arrêté le 5 juillet pour, lui aussi, avoir “abusé de ses libertés démocratiques”. En cause, des analyses qu’il a publiées sur les risques que fait peser sur la souveraineté du pays un projet de loi sur les Zones économiques spéciales. L’annonce de ce texte, ainsi que celle d’une loi sur la cybersécurité, avait déclenché un mouvement de colère massif au sein de la population vietnamienne en juin dernier.


Le Vietnam stagne dans les limbes du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, à la 175e place sur 180 pays.