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19 mai 2017

“L’Elysée n’entend pas faire le travail des rédactions”, affirme la présidence de la République dans un courrier envoyé à RSF

LIONEL BONAVENTURE / AFP
Après les critiques formulées par des sociétés et associations de journalistes sur leur présence dans les voyages officiels, la présidence de la République a envoyé un courrier à Reporters sans frontières (RSF) pour assurer du plein respect de la liberté de la presse.

Dans un courrier envoyé le 19 mai à RSF en réponse à la lettre ouverte des sociétés de journalistes, l’Elysée affirme que sa démarche “est le contraire d’une démarche de fermeture : elle est une démarche d’ouverture”. Il est écrit que le chef de l’Etat “est très attaché au traitement de fond des sujets et souhaite ouvrir l’Elysée aux journalistes sectoriels (« rubricards ») qui portent sur l’action présidentielle un autre regard. C’est dans cet esprit qu’il a été proposé aux rédactions d’élargir aux journalistes spécialisés Défense ou Diplomatie le voyage officiel auprès des forces armées.”


Reporters sans frontières avait demandé une clarification à l’Elysée, après une série de signaux qui ont suscité l’inquiétude dans de nombreuses rédactions, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous accueillons favorablement les explications fournies et la volonté de dialogue avec les rédactions, et attendons que la preuve soit apportée dès les prochains jours que des limites ne seront pas imposées à la presse pour les besoins du storytelling. Nous comptons sur Emmanuel Macron pour défendre la liberté de la presse en France comme à l’étranger.


Selon le courrier, “dans l’organisation du Voyage officiel (au Mali), cette préoccupation (d’ouverture) a pu n’être pas assez expliquée, d’où les interprétations et inquiétudes qui sont nées ces derniers jours.” En aucun cas, affirme-t-on à l’Elysée, il ne s’agit de sélectionner les journalistes : “Il va de soi que nous avons ouvert l’option aux rédactions mais jamais imposé un journaliste plutôt qu’un autre (...). Les journalistes qui se sont inquiétés peuvent se rassurer : l’Elysée n’entend pas faire le travail des rédactions.”


Le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le secrétaire général du mouvement En Marche avait fait des déclarations fortes pour la liberté de la presse au nom d’Emmanuel Macron. La présidence de la République et le gouvernement sont désormais chargés de les mettre en oeuvre.


La France est située à la 39e place dans le Classement 2017 de la liberté de la presse, établi par RSF.