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3 août 2020 - Mis à jour le 10 août 2020

Le reporter vietnamien Ngô Van Dung condamné à cinq ans de prison

Ngô Van Dung (à gauche) a été condamné le 31 juillet par un tribunal de Hô-Chi-Minh-Ville. Venus pour assister à l’audience, théoriquement ouverte au public, les membres de sa famille (à droite) ont été forcés de rester à l'extérieur de l'enceinte du tribunal (photos : Facebook - Nguyen Kim Thanh).
Journaliste et membre d’un collectif de défense de la liberté de la presse, Ngô Van Dung est accusé d’avoir voulu fomenter un mouvement de protestation. Compte tenu de l'inconsistance des actes d’accusation, Reporters sans frontières (RSF) demande sa libération immédiate.

Il aura passé près de deux ans en détention provisoire, avant qu’une peine lui soit finalement infligée. Le journaliste Ngô Van Dung a été condamné, le 31 juillet, à cinq ans de prison et deux ans de mise à l’épreuve par un tribunal de Hô-Chi-Minh-Ville pour “atteinte à la sécurité”, au motif de l'article 118 du Code pénal de 2015. Il avait été arrêté par la police le 4 septembre 2018.


Les juges l’accusent d’avoir fomenté un mouvement de protestation en compagnie de sept autres individus, qui ont été condamnés lors de la même audience. En fait de complot, Ngô Van Dung et ses co-accusés sont simplement membres du groupe Hien Phap - “Constitution” - un réseau de journalistes et d’activistes qui militent pour l’application de l'article 25 de la Constitution vietnamienne, lequel proclame la liberté de la presse. 


“Le seul crime de Ngô Van Dung a été de montrer au grand jour le mépris de l’actuelle direction du Parti communiste pour la Constitution de la République socialiste du Vietnam, remarque Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. En le condamnant à cinq ans de prison à partir d’accusations parfaitement fantoches, la justice vietnamienne montre une nouvelle fois sa totale inconsistance. Le journaliste n’a rien à faire derrière les barreaux, et doit être libéré.” 


Avant son arrestation, Ngô Van Dung était surtout connu pour couvrir avec des articles et des vidéos les mouvements sociaux au Vietnam. En mars 2018, il avait déjà été interpellé une première fois par la police de son district de Dak Lak, parce qu’il enquêtait sur une affaire de licenciements abusifs de professeurs.


Le Vietnam stagne dans les abîmes du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020, à la 175e place sur 180 pays.