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21 janvier 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le mensuel Nha Bao va Cong Luan suspendu dès son troisième numéro


Selon les informations obtenues par Reporters sans frontières, le mensuel Nha Bao va Cong Luan a reçu l'ordre, à la mi-janvier 2005, d'interrompre sa parution. Cette décision du ministère de la Culture et de l'Information n'a pas été rendue publique. Reporters sans frontières condamne l'attitude des autorités vietnamiennes qui n'hésitent pas à suspendre une publication lorsque ses enquêtes les dérangent. « Dans ce pays où les autorités considèrent les médias comme des organes de propagande, nous déplorons la censure qui s'abat sur la presse dès lors que celle-ci se fait l'écho du mécontentement populaire », a déclaré l'organisation. Le 18 janvier, Reporters sans frontières a appris que le mensuel Nha Bao va Cong Luan avait reçu l'ordre, quelques jours plus tôt, d'interrompre sa parution. Le gouvernement n'a pas rendu publique sa décision et le motif de la suspension est inconnu. Dans ses deux premiers numéros parus en novembre et décembre 2004, le mensuel avait publié des enquêtes mettant en cause des personnalités influentes et certains milieux d'affaires. Le Nha Bao va Cong Luan avait notamment mené une enquête sur un important projet d'aménagement touristique près de la célèbre plage de Vung Tau (sud du pays). Le mensuel avait publié des entretiens dans lesquels la population locale exprimait son refus de voir se réaliser ce projet très coûteux et risquant de dénaturer l'environnement. En outre, l'enquête avait mis en évidence la corruption des élites locales ainsi que la protection qu'elles apportent aux maîtres d'œuvre du projet. Depuis quelques semaines, plusieurs publications, en particulier des sites d'Internet d'informations, ont été interdites ou rappelées à l'ordre par le gouvernement vietnamien. Lire le communiqué. Reporters sans frontières rappelle que le journaliste Nguyen Dinh Huy et quatre cyberdissidents, Nguyen Dan Que, Nguyen Vu Binh, Pham Hong Son et Nguyen Khac Toan, sont toujours emprisonnés au Viet-nâm. L'organisation réitère son appel en faveur de leur libération.