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20 août 2019

Le journaliste pakistanais Ahmed Muneeb porté disparu, puis retrouvé derrière les barreaux

Les rangers pakistanais sont déployés à Karachi pour assurer la sécurité interne en cas d'atteinte grave à la sécurité interne du territoire, comme ici le 22 août 2016. (Photo : RIZWAN TABASSUM / AFP)
Le journaliste pakistanais Ahmed Muneeb a été arrêté le 10 août, mais son lieu de détention n’a été identifié que 72 heures plus tard. Reporters sans frontières (RSF) condamne avec vigueur cette manœuvre d’intimidation et appelle les autorités à relâcher le journaliste sans délai.

C’est près de trois jours après son arrestation que les proches du journaliste Ahmed Muneeb sont enfin parvenus à retrouver sa trace. Son épouse, Isbah Muneeb, a rapporté à RSF que le directeur et rédacteur en chef du quotidien ourdou Piyara Watan à Karachi (Sud) avait été emmené par des militaires et des policiers débarqués chez lui le 10 août vers quatre heures du matin. Elle ajoute qu’une plainte pour extorsion de fonds a été déposée contre son époux, qui enquêtait sur la corruption policière et la mafia.

 

Après plusieurs jours de combat acharné contre les autorités, Isbah Muneeb est parvenue à établir que le journaliste était détenu au commissariat de Madina à Karachi, où les autorités enquêtent toujours sur les accusations qui pèsent contre lui.

 

“Faire enlever les journalistes et les détenir au secret semble devenir une tradition à Karachi, déplore le Bureau Asie-Pacifique de RSF. Tout porte à croire que les poursuites intentées contre Ahmed Muneeb ne sont qu’une nouvelle tentative d’intimider les reporters et de les inciter à s’auto-censurer. Nous appelons les autorités à relâcher le journaliste et à faire leur travail de façon transparente.” 

 

Ahmed Muneeb avait déjà été menacé par les autorités dans le passé, révèle son épouse à RSF. “Mon mari m’a confié qu’Irfan Bahadar, [officier de police] du district de Malir, l’avait appelé le 5 août 2019 pour le prévenir qu’il serait tué si jamais son chemin venait à croiser celui de la police.”  

 

Le Pakistan figure à la 142e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de 2019.