Actualités

26 septembre 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le directeur d'une agence de presse violemment agressé par près de 60 paramilitaires


Reporters sans frontières est profondément choquée par l'agression de Guillermo Fariñas, directeur de l'agence Cubanacán Press, le 16 septembre 2005 à Santa Clara (Centre).

« Cette attaque extrêmement violente contre Guillermo Fariñas montre que les journalistes indépendants cubains sont menacés non seulement par le gouvernement, mais également par des groupes ultra-révolutionnaires qui, dans ce cas, se sont véritablement défoulés sur le directeur de Cubanacán Press, et ce, sous les yeux de la police politique », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 16 septembre, Guillermo Fariñas manifestait pacifiquement devant un commissariat, en présence d'une quinzaine d'autres opposants politiques, pour demander la libération de Noelia Pedraza Jiménez, l'une des leurs qui venait d'être arrêtée. Une centaine de paramilitaires étaient présents sur les lieux.

Après avoir informé les manifestants de la libération imminente de la détenue dans l'attente de son procès, Vladimir Méndez Mauad, capitaine de la Sécurité de l'Etat, a proposé à Guillermo Fariñas de le reconduire chez lui en voiture. Le journaliste, qui peu de temps auparavant se déplaçait encore en fauteuil roulant en raison d'une infirmité dont il souffre et qui doit toujours utiliser des béquilles, a accepté.

Mais au moment où Guillermo Fariñas a quitté le commissariat, un officier de police l'a prévenu que ce qui pourrait se passer au-dehors avec les paramilitaires « serait son problème ».

Selon le récit de Guillermo Fariñas, une soixantaine de paramilitaires encore présents, armés de bâtons, l'ont alors interpellé en lui demandant s'il avait le courage de répéter devant eux ce qu'il disait sur Radio Martí (station de l'opposition cubaine exilée à Miami). Après s'être agenouillé et avoir mis les mains derrière la tête, il leur a répondu : « Pourquoi écoutez-vous Radio Marti si vous êtes révolutionnaires ? »

Les propos du journaliste, ainsi que son refus de répéter « Vive Fidel Castro », lui ont valu insultes et coups, jusqu'à ce que l'un des agresseurs, craignant de le tuer dans un lieu public, y mette fin.

Guillermo Fariñas a ensuite été conduit par des instructeurs politiques du Parti communiste cubain à 23 kilomètres de Santa Clara, où il a été laissé seul dans une zone inhabitée.

Le journaliste a précisé à Reporters sans frontières que ses mains et ses bras sont tellement enflés qu'il ne peut plus écrire ni utiliser un clavier d'ordinateur. Il a ajouté qu'il pensait être en tête de la liste des personnes à arrêter lors de la « prochaine vague de répression ».