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27 mars 2004 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le Comité de soutien à Raúl Rivero distribue des livres aux touristes en partance pour Cuba


Un an après l'arrestation de 75 dissidents à Cuba, une dizaine de militants du Comité de soutien à Raúl Rivero ont distribué, à l'aéroport de Roissy, des livres à des touristes français en partance pour La Havane afin de les sensibiliser à l'absence de liberté d'expression sur l'île.

Ce matin, une dizaine de membres du Comité de soutien au journaliste et poète Raúl Rivero ont distribué des cartes postales et des livres, dont certains sont interdits à Cuba, à des touristes français en partance pour La Havane, à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle (nord de Paris).

Un an après la vague de répression à Cuba au cours de laquelle 75 dissidents ont été arrêtés, le Comité de soutien à Raul Rivero entendait sensibiliser les touristes français aux violations des droits de l'homme commises sur l'île.

Les militants ont confié les livres aux touristes afin qu'ils les remettent à des Cubains de la rue ou à des "bibliothèques indépendantes". Cette opération lancée par l'organisation de défense des droits de l'homme Pax Christi-Hollande (www.networkforcuba.org) devait être menée simultanément dans plusieurs pays d'Europe. Environ 800 000 Européens, dont 120 000 Français, passent chaque année leurs vacances à Cuba.

Parmi les livres distribués figuraient La Ferme des animaux de Georges Orwell, La Fête au bouc de Mario Vargas Llosa, La Justice de Francisco de Vitoria ou encore Réflexions sur la Justice et Réflexions sur la non-violence de Gandhi.

Une carte postale réalisée par Reporters sans frontières était également distribuée aux passagers. Elle représente une jeune femme sur une plage avec un T-shirt sur lequel on peut lire "Cuba Si, Castro No" avec la légende suivante :

"Pour les vacances, vous êtes tenté par Cuba, ses plages de rêve et ses rythmes endiablés ?

Attention ! Au-delà des clichés, le soleil cubain ne brille pas pour tout le monde. En mars 2003, le régime castriste arrêtait et condamnait à de lourdes peines de prison près de 80 journalistes, opposants et défenseurs des droits de l'homme. Pour avoir osé parler de démocratie dans leur pays, certains passeront jusqu'à 28 ans derrière les barreaux...

Sachez où vous mettez les pieds !"

Le Comité de soutien à Raúl Rivero a été lancé le 29 septembre 2003 par Reporters sans frontières et l'association Sin Visa. Il est présidé par l'écrivain Jorge Semprun et compte aujourd'hui plus de 150 membres dont des personnalités telles que Catherine Deneuve, Pedro Almodovar ou Sophie Marceau.

Plus de 300 prisonniers politiques

Le 18 mars 2003, le gouvernement de Fidel Castro lance un coup de filet contre la dissidence dans tout le pays. 75 dissidents, accusés d'activités subversives, sont jugés et condamnés à des peines allant jusqu'à 28 ans de prison. Parmi eux, 27 journalistes indépendants dont le plus éminent d'entre eux : le journaliste et poète Raúl Rivero. Leur crime : penser différemment du pouvoir. Au total, on dénombre plus de 300 prisonniers politiques sur l'île.

Un an après, les autorités de La Havane ne donnent aucun signe d'assouplissement. Au contraire. Peu après leur condamnation, l'ensemble des dissidents ont été transférés dans des prisons distantes parfois de plusieurs centaines de kilomètres de leurs domiciles. La plupart dénoncent des conditions de détention particulièrement éprouvantes. Malgré les protestations internationales, Raúl Rivero est toujours derrière les barreaux…

A Cuba, la Constitution stipule que seule la presse officielle est autorisée. Elle établit qu'aucune des libertés reconnues aux citoyens "ne peut être exercée contre l'existence et les objectifs de l'Etat socialiste, ni contre la décision du peuple cubain de construire le socialisme et le communisme".

Raúl Rivero : journaliste et poète

Ancien journaliste de la presse officielle né en novembre 1945, Raúl Rivero a rompu avec le régime en 1991. En 1995, il crée l'agence de presse indépendante Cuba Press. Il est arrêté le 20 mars 2003 à son domicile de la rue Peñalver, à La Havane. Figure de proue de la presse indépendante, il est jugé le 4 avril avec son ami Ricardo González Alfonso, correspondant de Reporters sans frontières. Les deux hommes sont condamnés à 20 ans de prison pour "actes contre l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Etat". "Je ne conspire pas, j'écris", s'est défendu le journaliste. Depuis le 28 avril 2003, il est détenu à la prison de Canaleta, près de Ciego de Avila, à plus de 400 kilomètres de son domicile. Dans un pays où les transports sont longs et coûteux, ce transfert est considéré comme une seconde condamnation par Blanca Reyes, sa femme, qui se bat pour sa libération. Raúl Rivero est également un poète de renommée internationale.