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3 décembre 2020

La coalition #HoldTheLine condamne les nouvelles menaces judiciaires contre Maria Ressa

Photo: Maria Tan, AFP
Injustement accusée, et pour la deuxième fois, de diffamation en ligne, la fondatrice et directrice du site d’information philippin Rappler s’apprête à comparaître devant le tribunal. La coalition #HoldTheLine appelle à l’abandon de cette nouvelle accusation portée contre elle.

A la suite d’un nouveau mandat d’arrêt émis contre elle le 27 novembre, la fondatrice et directrice du site d’information philippin Rappler, Maria Ressa, a dû verser une caution et devra comparaître devant le tribunal ce vendredi 4 décembre. Cette nouvelle plainte pour diffamation en ligne a été déposée par l’homme d’affaires Wilfredo Keng à la suite d’un tweet posté en février 2019. Le tweet contenait des captures d’écran d’un ancien article publié par un autre média, qui faisait état de liens entre M. Keng et un juge philippin. C’est notamment sur cette publication que s’est fondé l’article de Rappler ayant valu à Maria Ressa d’être poursuivie une première fois pour diffamation en ligne et d’être condamnée en juin dernier.


« Nous déplorons vivement cette escalade de menaces contre Maria Ressa et appelons le gouvernement Duterte à cesser ses attaques judiciaires infondées envers Maria Ressa et Rappler, qui sont destinées à étouffer leur travail journalistique d’intérêt général, annonce le comité de pilotage de #HoldTheLine. Il est absurde qu’une journaliste qui tweete sur une publication d’un autre média puisse être jetée en prison. Nous exigeons l’abandon immédiat de cette nouvelle accusation et l’annulation de la condamnation de Maria Ressa pour la précédente. »


C’est le neuvième mandat d’arrêt émis contre Maria Ressa, qui a été arrêtée à deux reprises ces deux dernières années. Elle fait aujourd’hui face à au moins huit motifs de poursuites, dont des accusations de fraude fiscale. La directrice de Rappler risque six ans de prison si sa première condamnation pour diffamation en ligne n’est pas annulée en appel, et sept ans pour la seconde accusation. Si elle est reconnue coupable de toutes les charges retenues contre elle, elle pourrait être emprisonnée à vie.


« Le fait que ces acrobaties judiciaires destinées à me harceler et m’intimider continuent ne font que renforcer ma conviction qu’il faut tenir tête et demander justice », a lancé Maria Ressa dans une déclaration publiée par ses avocats.


Cette dernière offensive contre la journaliste s’inscrit dans un climat de liberté de la presse de plus en plus délétère aux Philippines, où quatre journalistes ont été tués cette année – le dernier ayant été assassiné le 14 novembre.


La coalition #HoldTheLine, un collectif mondial de plus de 75 organisations de journalisme et de société civile, a été fondée pour défendre la rédactrice en chef philippino-américaine, très reconnue dans son pays et à l’international, à la suite de sa condamnation en juin dernier. La coalition a lancé une pétition de soutien public pour Maria Ressa et la presse indépendante aux Philippines. Elle reste ouverte pour signature.


Le comité de pilotage de #HoldTheLine est composé de représentants du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l’International Center for Journalists (ICFJ) et Reporters sans frontières (RSF). Pour en savoir plus, merci de contacter Courtney Radsch ([email protected]), Julie Posetti ([email protected]) et Rebecca Vincent ([email protected]).


Note : cette déclaration relève de l’autorité du comité de pilotage de la coalition #HoldTheLine, sans nécessairement refléter la position de chacun des ou de tous les membres ou organisations de la coalition.