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24 juillet 2017 - Mis à jour le 26 juillet 2017

La blogueuse vietnamienne Tran Thi Nga lourdement condamnée

Tran Thi Nga. photo : danlambao
La blogueuse Tran Thi Nga a été condamné à 9 ans de prison et 5 ans de probation pour “propagande anti-étatique”, à l’issue d’une seule et unique journée d’audience ce 25 juillet 2017.

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Actualisation :

“Reporters sans frontières (RSF) dénonce un jugement inique et un cas de justice expéditive. Cette condamnation disproportionnée a pour seul but de faire taire les voix critiques qui oseraient encore défier un régime et un parti unique qui ne tolèrent aucune critique. Cette condamnation est en plus cruelle, car l’état de santé de Tran Thi Nga ne cesse de se dégrader depuis le début de sa détention. RSF appelle à sa libération immédiate pour lui permettre notamment de recevoir au plus vite des soins appropriés.”

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Tran Thi Nga, également connue sous le nom de Thuy Nga, doit être jugée à partir du mardi 25 juillet 2017 dans la province de Ha Nam. Cette mère de famille a été arrêtée le 21 janvier 2017 à son domicile pour avoir, par ses activités militantes, “utilisé les réseaux internet pour diffuser des vidéos et des écrits de propagande” en violation de l’article 88 du code pénal. Elle risque jusqu’à 12 ans de prison.


Cette blogueuse est connue pour défendre les travailleurs migrants et les victimes d’accaparement de terres par les autorités. Elle est également membre du groupe des Femmes vietnamiennes pour les droits de l’homme, qui soutient et aide les défenseurs des droits humains au Vietnam. En septembre 2013, Tran Thi Nga avait publiquement dénoncé l’oppression que les forces policières exercent sur les citoyens et avait prudemment filmé la scène. Aujourd’hui, la vidéo circule sur YouTube et a été postée à plusieurs reprises sous différents pseudonymes.


Depuis son arrestation en janvier, la blogueuse est retenue en prison et n’a rencontré son avocat pour la première fois qu’en mai. Selon ce dernier, la santé de Tran Thi Nga ne cesse de se détériorer depuis sa mise en détention. Elle souffre notamment des complications d’une blessure survenue à la suite d’une agression dont elle a été victime en mai 2014. Un groupe de cinq personnes l’avait violemment battue avec des tubes métalliques alors qu’elle venait de rendre visite au blogueur Nguyen Tuong Thuy, qui avait lui-même tenu peu auparavant un discours sur les droits humains à la résidence du président américain.


“RSF s’indigne de la détention de cette militante qui s’est toujours courageusement battue pour protester contre la répression abusive du gouvernement vietnamien. Les autorités doivent libérer Tran Thi Nga, qui n’a commis aucun crime et dont l’état de santé est très préoccupant. Elle ne bénéficie actuellement pas de traitement médical adéquat et ne s’alimente que très peu.”


Le Parti unique au pouvoir au Vietnam ne cesse d’intensifier la répression à l’encontre des blogueurs et activistes militants, puisqu’ils représentent les seules sources d’information indépendantes pour les citoyens. Ainsi, le pays est devenu la seconde prison du monde pour les journalistes-citoyens, derrière la Chine. Au cours du seul mois de juin 2017, le dissident Pham Minh Hoang a été expulsé de son pays après avoir été déchu de sa nationalité vietnamienne, et la blogueuse Nguyen Ngoc Nhu Quynh a été condamnée à 10 ans de prison. Les médias sont quant à eux entièrement contrôlés par le gouvernement et servent la propagande étatique.


Le pays se situe à la 175ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2017.