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10 janvier 2020

La blogueuse vietnamienne Tran Thi Nga libérée mais forcée à l’exil

Tran Thi Nga a pris l’avion le vendredi 10 janvier, accompagnée de ses deux enfants, à destination d’Atlanta, aux Etats-Unis (photo : viettan.org).
Reporters sans frontières (RSF) accueille avec un profond soulagement la libération de la blogueuse, mais regrette qu’elle soit forcée de vivre à l’étranger et qu’elle soit coupée de ses proches .

Tran Thi Nga a été libéré à condition de quitter le pays aussitôt. Selon le site d’information SBTN, elle a pris l’avion ce vendredi 10 janvier, accompagnée de ses deux enfants, à destination d’Atlanta, aux Etats-Unis, qui lui ont accordé l’asile. Elle aura passé en tout près de trois ans en prison.

 

Tran Thi Nga  avait été arrêtée le 21 janvier 2017 à son domicile, dans la province de Hà Nam, pour avoir simplement publié des informations sur la situation de travailleurs migrants dans le nord du Vietnam. Elle n’avait pu rencontrer son avocat qu’au bout de cinq mois de détention.


Condamnée le 25 juillet 2017 à neuf ans d’emprisonnement et cinq mois de liberté surveillée pour “propagande anti-étatique”, en vertu du tristement célèbre article 88 du code pénal, elle a toujours refusé de reconnaître sa culpabilité. En prison, elle a subi des tortures mentales, des menaces de mort et des agressions physiques de la part de co-détenues et de geôlières, comme elle l’avait révélé à son époux en août 2018. 


RSF est profondément soulagée d’apprendre la libération de Tran Thi Nga, condamnée après une mascarade de procès expédié en une journée, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Mais il n’est pas acceptable qu’elle soit forcée de prendre le chemin de l’exil, et n’ait plus le droit de retourner dans son pays pour revoir ses proches. Nous appelons les partenaires commerciaux du Vietnam, Etats-Unis et Union européenne en tête, à poursuivre leurs pressions sur les autorités de Hanoi pour obtenir la libération d’autres blogueurs injustement emprisonnés.” 


Le Vietnam stagne en queue du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019, à la 176e place sur 180 pays.