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27 mai 2016

Khadija Ismaïlova en liberté : ce n’est que le début !

A l’occasion du quarantième anniversaire de la journaliste azerbaïdjanaise Khadija Ismaïlova, Reporters sans frontières (RSF) célèbre sa récente libération et appelle l’Azerbaïdjan à mettre fin aux violations de la liberté de la presse.

RSF a organisé un rassemblement devant l’ambassade de l’Azerbaïdjan à Paris, ce vendredi 27 mai, pour fêter l’anniversaire de Khadija Ismaïlova et rappeler aux autorités azerbaïdjanaises que sa libération n’était qu’un premier pas. Condamnée avec sursis le 25 mai, la journaliste reste soumise à un contrôle judiciaire et ne peut pas quitter le pays. Au moins huit autres journalistes et blogueurs restent emprisonnés pour leurs activités d’information. Les médias indépendants, contraints à l’exil, restent pourchassés.


“En libérant Khadija Ismaïlova après 537 jours de détention arbitraire, le pouvoir azerbaïdjanais a dû céder un peu de terrain, mais il est loin d’être quitte avec la liberté de la presse, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF. La communauté internationale doit maintenir la pression jusqu’à ce que Bakou mette un terme au harcèlement de la presse libre, restaure le pluralisme et relâche tous les journalistes emprisonnés.”



RSF a également pris part à un rassemblement similaire le 26 mai à Washington et le lendemain à Berlin. De nombreux autres actions ont été organisées à travers le monde dans le cadre de la coalition Sport for Rights. Cette structure regroupe les principales organisations de défense des droits de l’homme travaillant sur l’Azerbaïdjan.


Le jour même de la libération de Khadija Ismaïlova, le 25 mai, le photographe Elnur Mukhtarov a été arrêté et condamné à dix jours de détention administrative. Il avait couvert une action de protestation contre les autorités azerbaïdjanaises et partagé ses photos sur Facebook. Son nom s’ajoute à ceux des autres journalistes et blogueurs emprisonnés du fait de leurs activités d’information, parmi lesquels :

  • Seymour Khazi, journaliste du quotidien Azadlig et de l’émission télévisée “Azerbaycan Saati”, arrêté le 29 août 2014.
  • Arshad Ibrahimov, collaborateur des sites d’information Moderator.az et Avrupa.info, arrêté le 18 juin 2014.
  • Abdul Abilov, blogueur, arrêté le 22 novembre 2013.
  • Rashad Ramazanov, blogueur, arrêté le 9 mai 2013.
  • Shaig Agayev, blogueur, arrêté le 9 mai 2013.
  • Araz Guliyev, rédacteur en chef du site d’information Xeber44, arrêté le 8 septembre 2012.
  • Nijat Aliyev, rédacteur en chef du site d’information Azadxeber, arrêté le 20 mai 2012.

Les collaborateurs d’"Azerbaycan Saati" et de MeydanTV, médias indépendants basés en exil, font l’objet d’un harcèlement sans limite. Ne pouvant atteindre leurs rédacteurs en chef, Ganimat Zahid et Emin Milli, les autorités font pression sur leurs proches restés sur place : plusieurs d’entre eux ont été jetés en prison sous des accusations montées de toutes pièces, et d’autres ont été contraints de désavouer publiquement les journalistes.


L’Azerbaïdjan occupe la 163e place sur 180 au Classement mondial 2016 de la liberté de la presse, publié par RSF.