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19 juin 2018 - Mis à jour le 29 janvier 2021

Inde : le meurtrier présumé de Gauri Lankesh arrêté, il passe aux aveux

Le meurtrier présumé de Gauri Lankesh a été arrêté le 12 juin dernier, neuf mois après l’assassinat de la journaliste (Manjunath Kiran / AFP).
La police indienne a arrêté le 12 juin dernier un nouveau suspect dans l’affaire de l’assassinat de la journaliste Gauri Lankesh, et a révélé qu’il avait avoué être le tireur. Reporters sans frontières (RSF) félicite les autorités locales des avancées réalisées dans l’enquête, même si les commanditaires doivent encore être retrouvés.

Il aura fallu neuf mois aux enquêteurs spéciaux pour le retrouver. Le 12 juin dernier, un sixième homme, suspecté d’être le meurtrier de la journaliste Gauri Lankesh assassinée le 5 septembre 2017, a été arrêté. Il a depuis été révélé que ce suspect, un certain Parashuram Wagmore, 26 ans, avait avoué être celui qui avait abattu de plusieurs balles la journaliste, célèbre pour ses prises de positions contre le nationalisme hindou, devant son domicile de Bangalore, dans l’Etat de Karnataka. Militant du groupe d’extrême-droite Sri Ram Sene, le meurtrier a déclaré avoir été recruté en mai 2017 pour tuer Gauri Lankesh dans le but de “sauver sa religion”.


Nous saluons l’arrestation du meurtrier présumé de Gauri Lankesh, et les efforts mis en place par les autorités locales pour ne pas laisser impuni ce meurtre odieux, déclare le bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous encourageons les enquêteurs à poursuivre leur travail pour identifier les commanditaires et appelons également le gouvernement de Narendra Modi à dénoncer les agissements et les discours virulents de la mouvance nationaliste hindoue, qui contribuent à créer un climat de haine, propice aux attaques contre les voix critiques.”


Le Premier ministre Narendra Modi a gardé le silence sur cette affaire, malgré les avancées de l’enquête. Alors qu’un cadre du Sri Ram Sene était convoqué par les forces de police, le fondateur et chef du groupe nationaliste, Pramod Muthalik, a nié l’implication de ce dernier dans l’assassinat de Gauri Lankesh et a, par la même occasion, comparé de manière scandaleuse la journaliste à un chien : “Nombreux étaient ceux qui souhaitaient que le Premier ministre réagisse après la mort de Gauri Lankesh. Pourquoi Modi réagirait à la mort d’un chien à Karnataka ?”.


En chute de deux places dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 que RSF a récemment publié, l’Inde se situe désormais en 138e position sur 180 pays.