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14 septembre 2018

Haïti : six mois après la disparition du journaliste Vladjimir Legagneur, l’enquête piétine

Six mois après la disparition du photographe haïtien Vladjimir Legagneur, l’enquête est toujours au point mort. Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités à apporter des réponses à sa famille et à ses collègues.

Le 14 mars 2018, Vladjimir Legagneur, photographe indépendant haïtien, quittait son domicile pour réaliser un photoreportage à Grand-Ravine, dans le quartier de Martissant, l’une des zones les plus pauvres et violentes de la capitale Port-au-Prince. Il n’en est jamais revenu.


Sa disparition était signifiée par son épouse dès le 16 mars 2018 auprès de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), et une plainte déposée au parquet de Port-au-Prince. Quelques jours après sa disparition, la police annonçait avoir trouvé des ossements humains dans un terrain vague proche de la zone où Vladjimir avait été vu pour la dernière fois. Malgré l'insistance de sa famille et des associations de journalistes locales, les résultats des tests ADN effectués par la police sur ces ossements n’ont jamais été rendus publics.


Depuis, ni la DCPJ ni la justice haïtienne n’ont annoncé d’avancées dans l’enquête. Le 31 août 2018, le porte-parole de la police laissait même entendre qu’il n’y avait pas d’enquête en cours, affirmant:  "s'il y a une enquête, ça devrait être à la personne en charge de donner des informations".


“Il est inacceptable que six mois après sa disparition, ni la police ni la justice n’aient pu apporter d’élément nouveau sur cette affaire, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de RSF. Ce silence est un supplice pour les proches de Vladjimir Legagneur. Les autorités haïtiennes ont la responsabilité de retrouver le photographe et de déterminer les causes et les responsables de cette disparition”.


Vladjimir Legagneur, âgé de 30 ans, est un ancien collaborateur du journal Le Matin et de l’agence en ligne Loop Haïti. Outre les sujets d’actualité, il couvrait avant sa disparition les thématiques sociales et travaillait pour des ONG.


Haïti occupe la 60ème place sur 180 pays dans le Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.