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29 novembre 2016

Gao Yu maintenue en résidence surveillée mais toujours empêchée d’être soignée à l’étranger

Chinese journalist Gao Yu
Gao Yu a vu son autorisation de purger sa peine hors de prison renouvelée pour un an par un tribunal de Pékin le 25 novembre 2016. Les autorités chinoises continuent cependant d’interdire à la journaliste de bénéficier d’un traitement médical à l’étranger et la menacent de la renvoyer en prison à tout moment.

Le juge de la Cour intermédiaire n°2 de Pékin Li Yongling a prolongé d'un an, à partir du 26 novembre, l’aménagement de peine, grâce auquel la journaliste peut rester à son domicile. Elle reste étroitement surveillée par la police, et le juge l’a averti qu’elle était susceptible de retourner en prison “à tout moment.” Selon des sources anonymes citées par Radio Free Asia, cette annonce serait un message envoyé par Pékin par l’intermédiaire de la justice.


Le juge a notamment estimé que l’état de santé de la journaliste s’était amélioré et qu'elle avait repris du poids. Son avocat, Shang Baojun a pourtant expliqué que Gao Yu souffrait, selon les médecins, d’une tension artérielle élevée, de problèmes cardiaques, du syndrome de Ménière, de scoliose et de malformation lymphatique.


Même si nous sommes rassurés de voir que Gao Yu ne retourne pas immédiatement en prison, les menaces à peine voilées proférées par le juge nous inquiètent fortement, déclare Benjamin Ismaïl Responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Comme pourrions-nous nous réjouir pleinement de cette décision ? Gao Yu n’aurait jamais dû être condamnée en premier lieu. Si les autorités chinoises souhaitent véritablement démontrer qu’elles respectent les droits fondamentaux, elles doivent permettre à la journaliste de bénéficier d’un traitement médical adapté en l’autorisant à quitter temporairement la Chine”.


Même si Gao Yu est autorisée à purger sa peine de cinq ans d’emprisonnement hors de prison, la journaliste et ses proches n’en demeurent pas moins sous la pression constante des autorités. En mars dernier, lors d’une opération policière au domicile de Gao Yu,une vingtaine d’agents avaient démoli le jardin de son domicile et brutalisé son fils Zhao Meng.


Arrêtée le 24 avril 2014 pour avoir envoyé des documents soi-disant confidentiels du Parti (en réalité des éléments de doctrine à destination des cadres du Parti) à un média étranger, la journaliste était réapparue deux semaines plus tard à la télévision chinoise d’Etat, China Central Television (CCTV), en train de "confesser ses crimes" à un policier. Ces images, honteuses, constituent la preuve que la Chine continue de recourir à des mauvais traitements pour justifier l’emprisonnement des journalistes indépendants et de toutes les voix que le Parti juge trop critiques à son encontre. Leur diffusion par la chaîne d’information contrôlée par le pouvoir constituent une violation directe et grave du droit à un procès équitable. Lors de son procès qui s’est tenu en novembre 2014, Gao Yu avait révélé avoir cédé sous le poids des menaces de représailles contre son fils.


La Chine, plus grande prison du monde pour les journalistes et les blogueurs, avec plus de 100 d’entre eux derrière les barreaux, occupe la 176e place sur 180 pays dans le Classement annuel de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans frontières.