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13 février 2017

France : RSF dénonce les attaques ciblées contre des journalistes qui doivent pouvoir informer dans les meilleures conditions

Rassemblement à Poitiers le 9 février 2017 / AFP
Depuis quelques semaines en France, les médias font l’objet d’attaques de plus en plus violentes de la part de responsables politiques mais également de citoyens. Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de ces dérives et rappelle que le travail d’enquête des journalistes doit être respecté.

Après les révélations du Canard enchaîné et d’Envoyé spécial sur Pénélope Fillon, le candidat des Républicains, François Fillon, et certains de ses soutiens, s’en sont pris violemment au travail des journalistes qu’ils n’hésitent plus à attaquer verbalement ou à huer lors de meetings de campagne. Lors d'un rassemblement à Poitiers le 9 février, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin aurait fait copieusement siffler les journalistes tandis que, quelques minutes plus tard, François Fillon fustigeait la presse, responsable selon lui de ses difficultés.


Attisée par ces discours accusateurs proférés pourtant par des responsables politiques, la colère des militants envers les journalistes est elle aussi montée d’un cran. Hugo Clément, journaliste de l'émission du « Quotidien » en a fait les frais lors du meeting du candidat républicain, un militant ayant comparé son travail à celui des nazis qui conduisaient les juifs vers Auschwitz.


RSF condamne avec la plus grande fermeté les attaques dont sont actuellement victimes des journalistes qui doivent pouvoir exercer leur mission dans les meilleures conditions, a fortiori en période électorale, déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE de Reporters sans frontières. Ce climat nauséabond et délétère est dangereux pour la liberté de la presse d’autant plus quand il est entretenu par de hauts responsables politiques, qui envoient ainsi le message à peine voilé que n’importe quel citoyen peut s’attaquer impunément à la presse.”


Il y a quelques jours, c’est un autre journaliste de « Quotidien », Paul Larrouturou qui s’était fait malmener par le service d’ordre mandaté par le Front national en marge d’un déplacement de Marine Le Pen, pour le simple fait d’avoir posé une question qui dérange.


Des journalistes caillassés


RSF déplore également les attaques dont ont été l’objet des journalistes à Bobigny ce week-end. Une manifestation pour soutenir le jeune Théo a tourné à l'affrontement avec les forces de l’ordre samedi 11 février. Des casseurs ont vandalisé les véhicules de RTL et Europe 1. Le lendemain à Argenteuil, c’est un journaliste de BFM TV cette fois, qui a été agressé.


RSF souligne le rôle essentiel des journalistes qui, en tant que témoins oculaires sur le terrain, contribuent à la diffusion d’informations justes et impartiales.


La France occupe la 45e position sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par RSF.