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8 avril 2020

Coronavirus : sous la pression des journalistes, le gouvernement espagnol recule et accepte les conférences de presse en direct

Pedro Sanchez / DR
Les journalistes espagnols peuvent désormais interroger les ministres en direct et sans intermédiaires. Grâce à la mobilisation des associations professionnelles et au soutien de RSF, le gouvernement a renoncé à exiger des questions écrites et transmises à l’avance.

En Espagne où la crise du coronavirus bat son plein, les journalistes avaient, ces dernières semaines, le plus grand mal à obtenir des informations et des réponses des autorités.

 

En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire le 14 mars, les 300 journalistes accrédités auprès des ministères ne pouvaient plus assister physiquement aux conférences de presse et étaient invités à adresser leurs questions par écrit au secrétariat d’Etat à la Communication qui se chargeait de les transmettre au premier ministre et aux ministres concernés. 

 

Or, certaines questions importantes n’ont pas été transmises, ce qui a fait craindre un filtrage de la part des autorités. De plus, les réponses étant préparées à l’avance, le système ne permettait pas aux journalistes d’engager un dialogue direct avec les intéressés.

 

Face à cette situation, 400 journalistes, rejoints par RSF Espagne, se sont élevés contre ces mesures dans une lettre ouverte adressée au gouvernement "La liberté de demander". A la recherche d'une solution, deux associations espagnoles de journalistes ont demandé la mise en place d’un nouveau système de vidéoconférence, garantissant la transparence de l’information.

 

La pression des journalistes espagnols a payé. Dès le lundi 6 avril, c’est en direct et sans intermédiaires que les représentants du gouvernement ont pu s’adresser à la presse.