Actualités

17 avril 2020 - Mis à jour le 20 avril 2020

Coronavirus : à la demande de Ramzan Kadyrov, les autorités russes censurent un article critiquant la gestion répressive de la crise en Tchétchénie

Crédit : Natalia Kolesnikova / AFP
Le grand journal d’investigation russe Novaïa Gazeta a été contraint de supprimer un article qui mettait en cause le traitement autoritaire de la crise sanitaire par la Tchétchénie. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un acte de censure inadmissible.

Читать на русском / Lire en russe


Tout est bon pour soutenir Ramzan Kadyrov, l’homme qui  tient d’une main de fer la république autonome de Tchétchénie -et qui figure dans la galerie des prédateurs de la liberté de la presse de RSF. Le Roskomnadzor, autorité officielle du contrôle des médias russes, a ordonné le 15 avril au journal d’investigation russe Novaïa Gazeta de supprimer un article décrivant la gestion répressive et désordonnée de l’épidémie de coronavirus en Tchétchénie. Les autorités ont expliqué que l'article contenait des informations "inexactes" qui pourraient s’avérer dangereuses... sans pour autant préciser lesquelles. 


Deux jours plus tôt, dans une vidéo retransmise en direct sur son compte Instagram puis reprise sur la messagerie Telegram, Ramzan Kadyrov condamnait l’article et demandait aux services secrets russes (FSB) de mettre fin aux critiques de Novaïa Gazeta. Interrogé le 16 avril au sujet des menaces du leader tchétchène, le porte parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a déclaré qu’il n’y voyait "rien d’inhabituel". 


Publié le 12 avril, l’article en question dont une version archivée reste accessible, a été écrit par Elena Milachina, une journaliste qui a déjà été attaquée en février à Grozny, la capitale tchétchène et dont l’agression est restée impunie. 


"Ces nouvelles restrictions et menaces contre Novaïa Gazeta, un média ciblé à plusieurs reprises par les responsables tchétchènes, sont inadmissibles, dénonce la responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale, Jeanne Cavelier. En vertu de ses engagements internationaux, la Russie doit garantir la protection de ses journalistes. Nous demandons aux autorités russes de condamner fermement ces propos dangereux et de mettre fin à une censure qui contribue à faire de la Tchétchénie un "trou noir de l’information"."


La Russie occupe la 149e place au Classement mondial de la liberté de la presse 2019 de RSF.