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4 mai 2018

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, adresse un message à la marche pour une “Slovaquie honnête”

AFP
Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) Christophe Deloire a transmis un message de soutien à la marche pour une “Slovaquie honnête” organisé à la veille du 5 mai, date à laquelle le journaliste d'investigation Ján Kuciak et sa fiancée Martina Kušnírová, tous deux assassinés en février dernier, devaient se marier. Les participants au rassemblement ont par ailleurs réclamé l'indépendance des médias publics slovaques qui souffrent actuellement de pressions politiques.

“Je suis venu à Bratislava au début du mois de mars 2018 pour participer à la première marche après le meurtre de Ján et Martina. J'ai été profondément ému de voir combien vous étiez nombreux à venir leur rendre hommage. Depuis, les rassemblements ont été de plus en plus considérables et vous êtes parvenus à faire tomber un gouvernement.


Malheureusement, les médias slovaques n’en sont pas devenus plus libres et les journalistes slovaques ont de plus en plus besoin de vous. Les auteurs du meurtre de

Ján et Martina n'ont pas été arrêtés, les hommes politiques et les oligarques continuent de faire des procès aux reporters, ils les menacent, et les médias publics subissent des pressions politiques croissantes.


Comme vous le savez, dans le Classement mondial de la liberté de la presse de cette année la Slovaquie occupe la 27ème place sur 180, ayant reculé de 10 places par rapport à l'année précédente. Notre classement n’ayant pris en compte que les données disponibles à la fin de l’année 2017, il y a d’autres explications à ce recul.


En effet, l’une d’entre elles est la menace qui pèse sur l'indépendance éditoriale de la Radio et Télévision de Slovaquie (RTVS). Nous avons d’ailleurs perçu les signes de ces pressions politiques dès la fin de l’année 2017.


Je suis vraiment inquiet que la situation au sein de la RTVS ne s'améliore pas. Mi-avril, RSF a ouvertement critiqué la direction de la RTVS. Nous essayons d’établir un dialogue avec les responsables de la chaîne. Il nous semble essentiel que la RTVS retrouve une indépendance éditoriale totale et se départisse de pressions politiques. Nous pensons que la direction doit entamer une discussion avec les journalistes critiques.


Je partage le même sentiment que début mars lorsque je suis venu en Slovaquie : Bratislava est la capitale de la liberté de la presse. Et c'est tout à votre honneur. Vous continuez à défendre la liberté de la presse et vous rendez les journalistes fiers de leur vocation.”