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5 septembre 2019

Chine: RSF exige le renouvellement du visa d’un journaliste du Wall Street Journal

PHOTO: JOHANNES EISELE / AFP
Reporters sans frontières (RSF) exhorte Pékin à renouveler le visa d’un journaliste du Wall Street Journal et de mettre fin au chantage au visa contre les médias étrangers.

Wong Chun Han, un journaliste du Wall Street Journal basé à Pékin, a été contraint de quitter le territoire le 30 août dernier suite au refus de renouvellement de son visa. Wong, de nationalité singapourienne, avait récemment écrit sur la possible implication d'un cousin du président Xi Jinping dans une affaire de blanchiment d'argent en Australie, un article qui avait fortement déplu aux autorités chinoises.


Le même jour, dans un communiqué envoyé par fax aux médias étrangers, le ministère chinois des Affaires étrangères avait accusé, sans donner de noms, « quelques journalistes étrangers » de chercher à « ternir la Chine par malveillance », ajoutant que ces derniers « n’étaient pas les bienvenus » dans le pays.


« La mission des journalistes n'est pas de plaire au pouvoir en place mais d’informer leurs lecteurs », rappelle Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce « les efforts répétés du pouvoir de Pékin pour pervertir la définition du journalisme et en faire un synonyme de propagande d’État. »


Dans son rapport annuel publié en janvier, le Club des correspondants étrangers de Chine (FCCC) dénonce l’utilisation systématique par Pékin du chantage au visa contre les journalistes étrangers.


Une telle punition a été utilisée en 2018 contre Megha Rajagopalan, la cheffe du bureau Chine de BuzzFeed News et contre Victor Mallet, rédacteur en chef pour l’Asie du Financial Times, basé à Hong Kong. En 2016, le journaliste suédois Jojje Olsson avait aussi dû quitter la Chine faute de visa, tout comme Ursula Gauthier, la correspondante de l’Obs, l’année précédente. En 2012, le New York Times et Al Jazeera avaient aussi été touchés par des expulsions, ainsi que le quotidien canadien Globe and Mail en 2009.


La Chine détient plus de 115 journalistes et blogueurs dans ses geôles et se situe au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019.