Actualités

10 septembre 2018 - Mis à jour le 11 septembre 2018

Chine : Huang Qi, lauréat du prix RSF, de nouveau victime de violences en détention

PHOTO: FRED DUFOUR / AFP
Reporters sans frontières (RSF) condamne les nouvelles violences perpétrées par les autorités chinoises contre Huang Qi, prix RSF de la liberté de la presse, détenu depuis près de deux ans sans jugement en dépit de graves problèmes de santé.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’acharnement de la justice et de l’administration pénitentiaire chinoises contre le journaliste Huang Qi, 55 ans, lauréat du prix RSF de la liberté de la presse, qui a été récemment victimes de nouvelles violences au centre pénitentiaire de Mianyang, où il est détenu depuis 22 mois dans des conditions qui laissent craindre pour sa vie. Son procès, qui avait été annoncé pour le 20 juin 2018, avait finalement été annulé sans autre date prévue.


Vendredi dernier, lors d’une des très rares visites autorisées, l’avocat Liu Zhengqing a constaté une nouvelle perte de poids et une nouvelle dégradation de la santé de Huang Qi. Huang, qui refuse de plaider coupable en dépit des pressions, a subi quinze interrogatoires pour le seul mois d’août et se plaint d’avoir été frappé par le procureur Du Peng, comme l’attestent des ecchymoses récente à la poitrine.


« En torturant de la sorte un journaliste chevronné connu pour le sérieux de ses enquêtes, Pékin essaie visiblement de faire un exemple pour intimider l’ensemble de la profession, s’insurge Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’est de RSF. L’acharnement mis à essayer de forcer Huang Qi à plaider coupable est la meilleure preuve de la vacuité des charges qui pèsent contre lui ».


Huang Qi, prix RSF 2004 et fondateur du site d’information sur les droits humains 64 Tianwang, prix RSF 2016, a été arrêté le 23 octobre 2016 sous l’accusation de « divulgation de secrets d'État à l’étranger », passible en théorie de la peine capitale. Le journaliste souffre de graves maladies du foie et des reins, séquelles de huit années passées de prison et de camp de travail.


L’an dernier, deux défenseurs de l’information libre, le prix Nobel de la Paix et prix RSF Liu Xiaobo et le le blogueur Yang Tongyan sont morts en détention en Chine. La Chine est 176ème sur 180 pays dans le classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018 et compte plus de 50 journalistes et blogueurs emprisonnés.