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2 juin 2018

Chine: des blogueurs en “vacances forcées” avant la commémoration de Tian’anmen

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les “vacances” sous escorte policière imposées à certains blogueurs par les autorités chinoises, à quelques jours des commémorations du massacre de Tian’anmen.

Alors que le monde s’apprête à commémorer le 29e anniversaire de la répression du “Printemps de Pékin”, place Tian’anmen, le 4 juin 1989, plusieurs blogueurs chinois ont disparu ou sont soudain “partis en vacances”. Chaque année, une semblable vague de disparitions accompagne la date anniversaire du massacre, qui avait fait plus d’un millier de morts et sur lequel Pékin impose depuis une censure complète.


Hu Jia, prix RSF 2007 et prix Sakharov 2008, a ainsi indiqué au groupe de presse Epoch Times qu’il serait “en détention légère” dans la province du Hebei entre le 1er et le 5 juin. Selon Radio Free Asia, les autorités ont aussi invité le commentateur politique He Depu à partir en voyage pour une destination inconnue à compter du 31 mai. Son confrère Cha Jianguo, un contributeur du Independent Chinese PEN Center (ICPC), serait pour sa part en résidence surveillée depuis le 28 mai, après avoir rejeté une offre de “mise en vacances.”


“Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités chinoises à mettre fin à cette pratique qui, en empêchant les journalistes étrangers d’entrer en contact avec les blogueurs, les prive de sources essentielles pour écrire leurs articles liés aux commémorations de Tian’anmen”, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF.


Il y a longtemps que le régime de Pékin a pris l’habitude de “mettre au vert”, sous escorte policière, ses opposants à la veille d'événements risquant de leur offrir une tribune: Jeux Olympiques, sommet du G20, Congrès du Parti Communiste… En l’absence de transparence et en raison des pressions sur les victimes, il est impossible de faire un décompte précis des personnes éloignées.


La Chine reste l’une des plus grandes prisons du monde avec plus de 50 journalistes professionnels et non-professionnels derrière les barreaux. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF, le pays stagne au 176e rang sur 180.