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15 mai 2020

Brésil : un blogueur assassiné en pleine rue dans l’Etat de Rio de Janeiro

Facebook / Reprodução
Un blogueur très actif et critique a été abattu le mercredi 13 mai dans la ville d’Araruama, près de Rio de Janeiro. Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités locales à mener un enquête exhaustive et à ne pas écarter la piste reliant ses publications à son exécution.

Dans l’après midi du mercredi 13 mai 2020, le blogueur brésilien Leonardo Pinheiro, fondateur de  la page d’informations A Voz Araruamense (La Voix d’Araruama), a été exécuté en pleine rue dans le quartier de Bananeiras à Araruama, une petite ville de l’intérieur de l’Etat de Rio de Janeiro. Il était en train d’interviewer des riverains lorsqu’un véhicule s’est approché, duquel sont partis plusieurs coups de feu. Quelques minutes plus tard, la police en arrivant sur place n’a pu que constater son décès.


Sur sa page Facebook A Voz Araruamense, Leonardo Pinheiro dénonçait ouvertement et durement le travail des élus locaux et de la municipalité. Il remettait en question les bienfaits du confinement lié au Covid-19 et militait pour la réouverture des commerces du quartier. Il collaborait également pour d’autres pages d'informations locales, comme Fala Araruama. Leonardo Pinheiro était très engagé dans la vie politique de la municipalité et venait de se porter candidat pour les élections municipales prévues en 2020, sous la bannière du parti Patriota. 

La police locale n’a pour l’instant communiqué aucune information sur les possibles motivations de cet homicide.

Les autorités d’Araruama doivent mener une enquête exhaustive sur cette sombre affaire, et ne pas négliger la piste professionnelle, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine pour RSF. Dans un contexte de crise sanitaire et politique aggravée, la protection et la sécurité des travailleurs de l’information sont plus que jamais essentielles.  Les autorités locales comme fédérales doivent tout faire pour les garantir.”

L'Etat de Rio de Janeiro est particulièrement dangereux pour les journalistes. En 2019, dans la ville de Marica, deux autres cas d’assassinats ont été recensés par RSF, dans des conditions similaires et pour des motifs qui restent encore flous.

Le Brésil se trouve à la 107e place sur 180 pays, au Classement mondiale de la liberté de la presse 2020 élaboré par Reporters sans frontières.