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29 avril 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Blogueurs de Zone9 emprisonnés : 365 jours de trop


Voilà un an que les six blogueurs du Collectif Zone 9 et les trois journalistes arrêtés avec eux croupissent en prison, sans possibilité de libération sous caution. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cet acharnement arbitraire qui vise à faire taire les voix indépendantes en Ethiopie. Les 25 et 26 avril ont marqué le triste anniversaire de la détention arbitraire des six blogueurs de Zone9, Atnaf Berhane, Mahlet Fantahun, Befekadu Hailu, Abel Wabella, Natnail Feleke et Zelalem Kibret, et des trois journalistes, Tesfalem Waldyes, d’Addis Standard, Edom Kasaye, ancienne employée d’Addis Zemen, et Asmamaw Hailegiorgis, d’Addis Guday arrêtés à Addis Abeba lors d’une opération coordonnée. Au cours de l’année écoulée, leur procès a été ajourné à 27 reprises et leur demande de liberté sous caution systématiquement refusée. Pourtant l’accusation n’a toujours pas été capable de fournir des l’accusation éléments indiquant quelles actions précises ont suscité ces poursuites. “Nous demandons la mise en liberté immédiate des blogueurs et journalistes injustement emprisonnés depuis maintenant plus d’une année! déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Cette détention, sans possibilité de libération sous caution, viole leur droit à un procès équitable. Comme l’a noté le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, l’Ethiopie a reconnu lors du dernier examen périodique universel la nécessitée de respecter la liberté de la presse. Qu’attend-elle pour la mettre en œuvre?” David Kaye a déclaré le 25 avril 2015 que "la détention continue de ces journalistes est totalement inacceptable et particulièrement inquiétante alors que le pays se prépare à tenir des élections parlementaires le 24 mai. Le franc débat public qui devrait accompagner tout processus démocratique est clairement affaibli si les journalistes sont muselés, emprisonnés ou harcelés." Accusés au nom de la loi anti-terroriste de 2009, de s’être "organisés en groupes secrets pour renverser le gouvernement en contactant et en recevant des fonds et de la formation de deux groupes terroristes", les neuf prévenus encourent jusqu’à 15 ans de prison. Soliyana Shimelis, co-fondatrice du groupe, déjà en exil au moment de l’arrestation, est elle poursuivie par contumace. La prochaine audience du procès devrait se tenir le 26 mai 2015. L’Ethiopie se situe à la 142e place sur 180 pays dans le Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.