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25 septembre 2020 - Mis à jour le 30 septembre 2020

Attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : “cette menace qui ne cesse de peser sur la liberté d’expression est une abomination”

Photo : Alain JOCARD / AFP
Reporters sans frontières (RSF) déplore et condamne l'attaque à l’arme blanche commise devant les anciens bureaux de l'hebdomadaire satirique.

Mise à jour du 30 septembre : Le parquet national antiterroriste saisi de cette affaire a confirmé mardi 29 septembre qu'il s'agissait bien d'un attentat visant Charlie Hebdo. Alors que Zaheer Hassan Mahmoud, l'auteur présumé de l'attaque, ignorait que l'hebdomadaire satirique avait déménagé, son projet était, selon le procureur, "d'entrer dans les locaux du journal, (...) à l'aide du marteau, ou de les incendier, avec le white spirit". En arrivant dans la rue et en apercevant les victimes, il a pensé qu'elles travaillaient pour Charlie Hebdo et a choisi de les attaquer.


Deux collaborateurs des sociétés de production Premières Lignes et Bocode ont été blessés à l’arme blanche ce vendredi 25 septembre devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert à Paris, alors l’hebdomadaire satirique fait l’objet de nouvelles menaces suite à la republication des caricatures de Mahomet à l’occasion de l'ouverture du procès des auteurs de l’attentat, le 2 septembre dernier.


“C’est tellement tragique de voir de nouveau des images d’une attaque rue Nicolas Appert, cinq ans et demi après celle contre Charlie, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Cette violence est un danger pour nous tous, en France et ailleurs. Et cette menace qui ne cesse de peser sur la liberté d’expression partout dans le monde est une abomination”. 


Alors que les appels à la violence et les condamnations de hauts dignitaires religieux s’étaient multipliés à la suite de la republication des caricatures du prophète Mahomet à la veille de l’ouverture du procès Charlie Hebdo, RSF avait déploré l’absence de contestation suffisante de ces nouvelles menaces et lancé un appel à l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement qui avaient participé au rassemblement historique du 11 janvier 2015 pour les inviter à respecter et promouvoir le respect du droit, protecteur de la liberté d’expression. 


Une centaine de médias avaient également publié ce 23 septembre une lettre ouverte appelant à se mobiliser en faveur de la liberté d'expression en soutien à Charlie Hebdo. Quelques jours plus tôt, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, avait été exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses à son encontre.


La France se situe à la 34e place au Classement mondial pour la liberté de la presse établi par RSF en 2020.