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13 avril 2021

Acte de malveillance sur Morgan Large : RSF dépose plainte avec la journaliste et demande sa protection policière

Morgan Large (Damien MEYER/AFP)
A la suite de la mise en danger de mort de la journaliste Morgan Large, dont la voiture a été sabotée, Reporters sans frontières (RSF) dépose plainte à ses côtés pour demander l’ouverture d’une enquête et demande que la journaliste, qui enquête sur l’agro-industrie en Bretagne, bénéficie de mesures de protection.

Après avoir annoncé étudier les suites judiciaires à donner au grave acte de malveillance dont avait été la cible Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz Breizh (RKB), RSF porte plainte ce mardi 13 avril à ses côtés. Signée par Maîtres Emmanuel Daoud et Maxime Tessier, la plainte, déposée auprès du procureur de la République du Tribunal judiciaire de Saint‑Brieuc, dénonce des faits de “destruction, dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par l’effet de tout moyen de nature à créer un danger pour les personnes”, délit réprimé par l’article 322-6 du code pénal, des faits qui constituent également une “entrave concertée à la liberté d’expression” (article 431-1 du code pénal).


Le mercredi 31 mars 2021, la journaliste s’est rendue compte que l’une des roues arrière de sa voiture avait été déboulonnée. Selon le témoignage du garagiste de Morgan Large, dont la plainte fait état, cela ne pouvait pas être accidentel. Il s’agit bien d’un sabotage qui relève donc d’une volonté délibérée de porter atteinte à l’intégrité physique de la journaliste, et qui a mis en danger de mort la journaliste et l’ensemble des usagers de son véhicule, dont sa fille. 


La plainte rappelle le contexte des pressions et intimidations exercées à l’endroit de la journaliste et de son média ces derniers mois, ainsi que le harcèlement et les nombreux actes de malveillance qu’elle a subis, notamment l’intoxication de son chien, les appels anonymes nocturnes à son domicile, la mise en divagation de ses animaux et la dégradation des portes des locaux de RKB. Elle souligne plus largement le climat d’intimidation dans lequel opèrent les journalistes qui travaillent sur les sujets agro-alimentaires et environnementaux en Bretagne. 


Cet acte de sabotage n’est que le dernier d’une longue série, mais il montre qu’un seuil a été franchi dans la malveillance, ce qui justifie l’ouverture d’une enquête pénale et, comme RSF le demande au procureur, que la journaliste bénéficie également d’une protection policière. Les faits dénoncés s’étant inscrits dans le climat social tendu à Rostrenen et ses environs, RSF demande également qu’un autre service que la gendarmerie locale, extérieur à ce territoire, soit saisi du dossier.


La France se situe sur la 34e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.