Un journaliste proche de Shirin Ebadi interdit de sortie du territoire

Reporters sans frontières condamne la décision prise par les autorités iraniennes d'interdire à Abdolreza Tajik, journaliste indépendant et fervent défenseur de la liberté d'expression, de quitter l'Iran. “Nous sommes consternés par cette décision dénuée de fondement juridique. L'interdiction de sortie du territoire, fréquemment utilisée par les autorités iraniennes à l'encontre des voix dissidentes, conduit à couper les journalistes du monde extérieur. Cette mesure vexatoire est également destinée à les punir d'entretenir des liens avec des organismes et des médias étrangers”, a déclaré Reporters sans frontières. Le 17 février 2008, alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour l'Espagne, Abdolreza Tajik s'est vu confisquer son passeport à l'aéroport Imam Khomeiny (Téhéran) par des agents de sécurité qui lui ont annoncé qu'il était convoqué au tribunal révolutionnaire. Il devait participer à une conférence sur l'Iran organisée par la Fondation des trois cultures, à l'occasion du 30e anniversaire de la révolution iranienne. Membre du Cercle des défenseurs des droits de l'homme, Abdolreza Tajik collaborait activement à plusieurs publications iraniennes, toutes suspendues par les autorités, telles que Bahar (suspendu en 2001), Hambastegi (suspendu en 2003) et Shargh (suspendu en 2008). Contactée par l'organisation, Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix et présidente du Cercle des défenseurs des droits de l'homme, a déploré cette interdiction de sortie du territoire, en déclarant : « Abdolreza Tajik paie le prix de sa collaboration avec le Cercle des défenseurs des droits de l'homme. Il est l'un des nos meilleurs journalistes. »
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Mise à jour le 20.01.2016