RSF dénonce l'inculpation de trois journalistes détenus au Somaliland et demande leur libération

Cour suprême et constitutionnelle du Somaliland.

Trois reporters arrêtés le 13 avril et détenus depuis ont été formellement inculpés par le tribunal de Hargeisa le 9 mai. Une nouvelle audience aura lieu le 14 mai. Reporters sans frontières (RSF) dénonce des charges surréalistes, montées de toutes pièces, et demande leur libération.

Le trio de journalistes, Mohamed Abdi Mohamed (MM Somali TV), Abdijabar Mohamed Hussein (HornCable TV) et Abdirahman Ali Khalif (Gobonnimo TV), arrêté le 13 avril au Somaliland - un État autoproclamé indépendant de la Somalie, mais qui n’est pas reconnu par la communauté internationale - a été formellement inculpé au cours d’une audition devant le tribunal de Hargeisa le 9 mai. Les journalistes sont principalement accusés de « propagande subversive » et de diffusion de « fausses nouvelles, exagérées et tendancieuses susceptibles de troubler l’ordre public », pour avoir couvert une émeute ayant éclaté à la prison centrale de Hargeisa. Une nouvelle audience aura lieu le 14 mai.

« Les charges retenues contre ces journalistes sont surréalistes, dénonce le responsable du bureau Afrique de RSF Arnaud Froger. Ils sont une quinzaine de journalistes à avoir rapporté ce qui s’est passé à la prison ce jour-là. Les autorités elles-mêmes reconnaissent ces événements. La détention de ces reporters qui n’ont fait que leur travail ne repose sur rien. Nous demandons leur libération immédiate ».

« Le but est de punir les journalistes en vertu du code pénal obsolète et oppressif pour avoir simplement fait leur travail journalistique de manière libre et indépendante », a déclaré dans un communiqué, Omar Faruk Osman, secrétaire général de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de RSF.

Le 13 avril dernier, les autorités du Somaliland avaient procédé à une vague d’arrestations massive à Hargeisa, la capitale régionale. 15 journalistes avaient été interpellés puis placés en détention alors qu’ils couvraient un affrontement entre les prisonniers et leurs gardes. Si la plupart avaient été libérés quelques jours après, les 3 journalistes demeurent depuis injustement emprisonnés.

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Publié le 13.05.2022