RSF dénonce la fermeture de deux radios en Libye

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la fermeture arbitraire de la radio Al Wassat à Benghazi et de la radio locale de la ville de Gahryane.

Dans un post sur les réseaux sociaux daté du 27 février 2017, Mahmud Shammam, président du conseil d’administration du groupe de médias Al Wassat a déclaré que l'émetteur de la radio avait été saisi à Tobrouk par les forces de l’ordre, rattachées à l’armée qui contrôle l’Est du pays. Dans la même journée le siège de la radio à Benghazi a été fermé et le matériel de travail confisqué. Aucune raison sérieuse n’a été avancée pour expliquer cette fermeture soudaine outre le fait que sa fréquence interférait avec celle de la radio locale officielle .


Le 23 février, la radio locale de la ville de Gharyan (nord-ouest de la Libye), a elle aussi été la cible de la milice chargée d’assurer sa protection qui ont exigé la fermeture de ses locaux sans avancer aucune raison plausible. La diffusion est depuis interrompue et les efforts de conciliation entre la milice et les autorités locales pour débloquer la situation restent vains.


La situation en Libye est extrêmement préoccupante, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de Reporters sans frontières, nous demandons la réouverture immédiate des médias en question. Quels que soient les reproches qui peuvent être fait à ces radios, leur fermeture est brutale, disproportionnée et arbitraire, et ne pourra que bloquer la transition difficile que vit le pays depuis 2011”.


Plusieurs cas d'enlèvements et d’agressions physiques à l’encontre de journalistes à Tripoli (Ouest de la Libye) ont également été rapportés à RSF. Mais les victimes, terrorisées par les nombreuses milices armées qui contrôlent la capitale, souhaitent garder l’anonymat.


Depuis le début de l’année 2016, le conflit entre les autorités rivales à l’Est et à l’Ouest du pays a généré un climat de totale impunité des crimes et exactions commis contre les journalistes et les médias en Libye rendant les conditions de travail de ces derniers extrêmement risquées.


La Libye est 164e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2016.
Publié le
Updated on 01.03.2017