Reporters sans frontières demande un non-lieu au procès d'Om Zied

Le 31 décembre aura lieu le procès en appel de Om Zied, rédactrice en chef du magazine en ligne Kalima . Le 18 novembre, elle a été accusée de " détention illégale de devises étrangères et son transfert à une partie non habilitée ", et condamnée à huit mois de prison avec sursis et 1 200 dinars d'amende (environ 800 euros). Dans ce procès à caractère politique, Reporters sans frontières demande un non-lieu.

Le 31 décembre aura lieu le procès en appel de Om Zied, rédactrice en chef du magazine en ligne Kalima . Le 18 novembre, elle a été accusée de " détention illégale de devises étrangères et son transfert à une partie non habilitée ", et condamnée à huit mois de prison avec sursis et 1 200 dinars d'amende (environ 800 euros). " Le président Ben Ali parade avec le masque d'un grand démocrate et a compris qu'il ne faisait plus bon interpeller, voire emprisonner des journalistes. Les autorités usent alors de toute une gamme de mesures sans liens directs avec la liberté d'expression, pour faire taire ceux qui osent braver la voix de son maître. Le procès d'Om Zied est, à ce titre, exemplaire : infondé juridiquement comme l'a démontré un collectif d'avocats, scandaleux dans la lourdeur de la peine et ridicule dans le choix de la date de l'appel, le 31 décembre, histoire de passer aux oubliettes du réveillon ! Nous demandons à la justice tunisienne de prononcer un non-lieu sur cette affaire ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Om Zied, de son nom officiel Neziha Rejiba, a été convoquée le 25 septembre 2003, par la direction des enquêtes douanières, bureau des infractions de change, qui lui reprochait d'avoir donné à un jeune Tunisien 170 euros en devises. Pourtant, Om Zied n'a commis aucune infraction, puisque la loi lui donne une semaine pour changer le reste de ses devises de voyage. Le 19 novembre, à l'issue du procès, une relaxe avait d'abord été annoncée par les avocats mais c'est une peine de prison avec sursis assortie d'une amende qui avait été enregistrée au greffe. Une quinzaine d'avocats étaient venus défendre la journaliste dans ce procès qu'ils dénoncent comme " une manipulation politique destinée à souiller (leur) cliente en raison de ses activités politiques et de ses écrits audacieux ". Les avocats ont démontré le non-fondé de l'accusation et le caractère politique des poursuites. Om Zied, militante des droits de l'homme, est rédactrice en chef du magazine en ligne Kalima (www.kalima.com), interdit en Tunisie dès sa parution en octobre 2000. Alimenté depuis l'étranger, ce site est toujours inaccessible en Tunisie, mais le titre est parvenu à diffuser clandestinement une version imprimée. La journaliste subit depuis deux ans des persécutions sans relâche. Ses écrits sur la toile dérangent, de même que ses prises de position sur les chaînes satellitaires pour dénoncer le culte de la personnalité du Président.
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Mise à jour le 20.01.2016