Le photoreporter indien Rohit Biswal tué par une mine artisanale

Correspondant du principal quotidien de l’Odisha, en Inde de l’est, ce journaliste a été tué par une mine artisanale vraisemblablement déposée par des rebelles maoïstes, qui mènent une guérilla dans la région. Reporters sans frontières (RSF) demande que les coupables soient retrouvés et jugés, afin d’éviter des drames similaires dans le futur.

Il est mort sur le coup. Le photoreporter Rohit Kumar Biswal est décédé, le samedi 5 février vers midi, après avoir marché sur une mine artisanale à Kalahandi, un district de l'État d’Odisha (ex-Orissa), situé au sud de Calcutta, dans l’est de l’Inde. 

   

Correspondant du Dharitri, le principal quotidien de la région, publié en langue odia, le journaliste était en reportage à proximité du pont de Karlakhunta pour photographier  des affiches placardées sur plusieurs arbres qui exhortaient la population locale à boycotter les prochaines élections locales des “panchayats”, les conseils de village, prévues les 16 et 28 février prochain.

  

Il a sauté sur une mine terrestre placée là, selon plusieurs médias locaux, par des militants du Parti communiste indien - canal maoïste (CPI-M), qui mènent une guérilla de moyenne intensité dans cette région. Le commissaire de police de Kalahandi, Sarwan Vivek, a affirmé que l’engin visait les membres des forces de l’ordre, qui devaient arracher les affiches.

  

Victime collatérale

  

“Nous déplorons avec force la mort choquante de Rohit Biswal, victime collatérale de la violence aveugle des rebelles du CPI-M, alors qu’il exerçait son métier d’informer ses concitoyens sur les conflits latents qui existent en Odisha, déclare le responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF, Daniel Bastard. Nous nous interrogeons également sur les responsabilités des autorités locales, qui n’ont pas su sécuriser le site. Nous demandons l’ouverture  d’une enquête indépendante qui devra permettre de faire le point sur les responsabilités et les manquements de chacun, afin qu’un tel drame ne se reproduise pas.”

   

Ce n’est pas la première fois qu’un journaliste perd la vie en marge des conflits larvés qui opposent, en Inde de l’Est, les autorités aux différents groupes d’insurgés maoïstes, également appelés “naxalites”, du nom du village où serait né ce mouvement.

    

En novembre 2018, RSF avait condamné le meurtre du reporter d’images Achyutananda Sahu, victime d’une embuscade maoïste alors qu’il suivait une patrouille de policiers dans l’Etat du Chhattisgarh, frontalier de l’Odisha.

  

L’Inde se situe à la 142e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2021 par RSF.

Publié le 08.02.2022
Mise à jour le 08.02.2022