La couverture médiatique de la nouvelle présidence du Tribunal supérieur électoral concentre les attaques contre les journalistes

Exclusif. Alors que la campagne pour les élections brésiliennes des 2 et 30 octobre débute au Brésil, Reporters sans frontières (RSF) va chaque semaine passer au crible plus d’une centaine de comptes Twitter et Facebook de journalistes, d’autorités publiques et de candidats aux élections pour mieux comprendre l’origine et l’organisation de la dissémination de la haine en ligne contre la presse. Lors de la première semaine de la campagne, la couverture médiatique de l’investiture du nouveau président du Tribunal supérieur électoral (TSE) a engendré des attaques massives contre la journaliste Miriam Leitão.

Durant la première semaine de campagne électorale au Brésil, entre le 16 et le 22 août, Reporters sans frontières (RSF) et le Laboratoire d’études sur l’image et la cyberculture (Labic) ont enregistré près de 67 000 agressions et 119 hashtags agressifs contre la presse et les journalistes au Brésil. Les deux hashtags les plus partagés étaient #GloboLixo (#GloboPoubelle) et #CNNLixo (#CNNPoubelle), avec respectivement 6 519 et 972 citations. 

Cible de la semaine 

L’investiture, le 16 août, du juge Alexandre de Moraes, ennemi juré du président-candidat Jair Bolsonaro, à la tête du Tribunal supérieur électoral (TSE) – l'institution chargée de gérer les processus électoraux au Brésil – a fait couler beaucoup d’encre sur Twitter. La journaliste de la TV Globo, Miriam Leitão, a été la cible d’insultes telles que “canaille”, “porcinet”, “communiste”, “vieille” ou encore “moche” à la suite de son travail journalistique sur le mandat d’Alexandre de Moraes. Illustre figure du journalisme au Brésil, Miriam Leitão fait régulièrement l’objet d’agressions en ligne. Emprisonnée et torturée pendant la période de la dictature militaire (1964-1985), son nom de code “Amélia” a été mentionné 265 fois au cours de cette première semaine de campagne, ainsi que des messages accompagnés d’un émoji serpent, faisant référence aux séances de tortures qu’elle a subi avec le reptile pendant son emprisonnement.

Les autres journalistes victimes d’agressions massives en ligne sont Mônica Bergamo (Folha de SP), Ricardo Noblat (Metrópoles), Vera Magalhães (CBN / O Globo) et Xico Sá (CBN / O Globo). 

RSF et le Labic constatent que les autorités publiques et les candidats aux élections ont une grande influence sur les réseaux sociaux et donnent la légitimité à leurs soutiens de poursuivre les agressions. Le 19 août, le post du président Jair Bolsonaro attaquant la presse critique a été retweeté plus de 10,3 millions de fois.

 

 

 

La même semaine, Mario Fria, candidat au siège de député dans l’État de São Paulo et ancien secrétaire d’État chargé de la Culture, a publié un tweet discréditant la presse. Le post a été retweeté près d’un million de fois.

Les trois profils Twitter les plus agressifs lors de cette première semaine de campagne (@arrcanjjo, @vithoriaregiad1 et @simio_pensador) soutiennent publiquement le candidat-président d’extrême droite, Jair Bolsonaro. 

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