Journée mondiale de la liberté de la presse : Rana Ayyub, Edward Snowden, Joseph Stiglitz interviewés en exclusivité par Maria Ressa pour RSF

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, RSF diffuse des interviews exclusives de la journaliste Rana Ayyub, le lanceur d’alerte Edward Snowden et le lauréat du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, par la journaliste philippine Maria Ressa. Ils s’expriment sur le thème “Le journalisme face aux crises, la décennie décisive”, après la parution du Classement mondial de la liberté de la presse le 21 avril.

#RSFTalks avec Edward Snowden

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#RSFTalks avec Rana Ayyub

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#RSFTalks avec Joseph Stiglitz

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#RSFTalks avec Christophe Deloire

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EDWARD SNOWDEN

Part I: “La première chose à faire pour résoudre un problème est de le comprendre et la méthode traditionnelle de l’humanité pour digérer et partager rapidement des informations (le journalisme) est assiégé. Je pense que c’est une stratégie intentionnelle”


Partie 2 : “C'est ce que j’ai essayé de faire dans mon travail avec les journalistes, à savoir, maximiser le bénéfice pour le grand public tout en atténuant les risques liés à la publication d’informations importantes dans une société libre et ouverte”

Partie 3 : “Nous avons tous l’impression de tout savoir, qu’avec le moteur de recherche de Google, nous avons accès à toutes les informations nécessaires pour nous forger notre opinion basée en fait sur nos biais cognitifs préexistants. Comment changer cela ? Je pense que c’est précisément le cœur de la mission du journalisme”

Partie 4 : “Nous avons tous l’impression de tout savoir, qu’avec le moteur de recherche de Google, nous avons accès à toutes les informations nécessaires pour nous forger notre opinion basée en fait sur nos biais cognitifs préexistants. Comment changer cela ? Je pense que c’est précisément le coeur de la mission du journalisme”

Partie 5 : “Nous voyons des journalistes extraordinairement courageux, nous voyons des gens extraordinairement courageux dans toutes les professions aujourd'hui parce que la crise et la tragédie, aussi terribles soient-elles, sont un moyen, je crois, d'élever le meilleur des individus, mais cela ne se passe pas sans sacrifice.”



RANA AYYUB

Partie I : "Quelle drôle d’ironie que le Classement mondial de la liberté de la presse 2020/ RSF ait été publié la même semaine où certains des journalistes les plus courageux du Cachemire ont été arrêtés, accusés de terrorisme”

Partie 2 : “J'ai été doxxée, recevait des mails et des messages haineux sur mon téléphone, des appels grossiers tous les soirs où on me disait qu’ils allaient me donner une leçon. “


Partie 3 : “Je puise ma force dans ces journalistes qui se battent chaque jour pour préserver l'intégrité de cette profession “


Partie 4 : “Le fait que la communauté internationale soit vigilante est, dans une certaine mesure, un grand soutien pour ces personnes, ces journalistes parmi les plus courageux que je connaisse, surtout les journalistes cachemiris.”


JOSEPH STIGLITZ

Partie 1 : “Nous avons donc créé un Far West tout particulier où les informations sous-réglementées sont monnayés – ce n'est pas vraiment un marché – c'est plutôt un commerce mafieux de l'argent et de la malhonnêteté.”

Partie 2 : ”L'accès à des informations exactes, à l'information en général, au savoir est un bien public fondamental et, en tant que bien public, il doit être soutenu par la collectivité".

Partie 3 : “Les États-Unis ont aujourd'hui un dirigeant qui ne comprend pas le rôle des limites et des contrepoids, la séparation des pouvoirs, l’indépendance des juges, le rôle des médias indépendants. “

Partie 4 : “Il me semble que les citoyens doivent plaider en faveur d'une réglementation par le biais du processus politique. “

Partie 5 : “Je crois que nous avons les connaissances nécessaires pour prévenir une autre grande dépression mais je ne sais pas si nos politiques nous permettront de le faire.“

CHRISTOPHE DELOIRE

Partie I : “L'édition 2020 du Classement mondial de la liberté de la presse montre clairement que nous entrons dans une décennie décisive pour le journalisme. “

Partie 2 : “Lorsque nous défendons la liberté de la presse, nous ne défendons pas les journalistes pour eux-mêmes, parce que nous serions un groupe avec une solidarité interne à Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce qui est en jeu, c'est le droit à l'information. “


Partie 3 : “Nous devons donc établir les règles et, bien sûr, défendre tous ceux qui incarnent nos idéaux communs “


Partie 4 : “Oui, le code fait la loi, ceux qui conçoivent les algorithmes aujourd’hui font office de législateurs. Ils font ce que, normalement, les parlements démocratiques devraient faire mais maintenant ils se sont accaparé ce pouvoir et nous, en tant que consommateurs, nous avons accepté de leur déléguer la gestion de cet espace. “

Partie 5 : “Nous devons prouver, en tant que journalistes, que le journalisme est composé de droits et de devoirs.”