Grèce : le journaliste franco-canadien Romain Chauvet arbitrairement condamné pour “diffusion de fausses informations” doit être relaxé en appel

Accusé d’être l’auteur d’une fausse alerte à la bombe, le journaliste franco-canadien Romain Chauvet a été condamné en octobre 2023 à six mois de prison avec sursis pour “diffusion de fausses informations”. Reporters sans frontières (RSF) appelle la cour d’appel d’Athènes, qui se réunira ce 27 mars, à relaxer le reporter poursuivi sur la base d’un dossier quasi vide.
Mise à jour du 27/03/25 : le tribunal d’appel d’Athènes a, ce jour, relaxé le journaliste franco-canadien Romain Chauvet, estimant que le crime dont il a été accusé n’avait pas été commis. RSF, qui a soutenu cet ancien correspondant de plusieurs médias français et canadiens en Grèce, se félicite de cette décision. Le journaliste, qui n’avait fait que son métier, n’aurait jamais dû être poursuivi.
C’était une procédure parole contre parole au cours de laquelle le doute aurait dû profiter à l’accusé. Les poursuites contre le journaliste Romain Chauvet, correspondant de Radio Canada, de la chaîne d'information française BFMTV et du média en ligne Courrier des Balkans, se basaient sur un article de loi réprimant la diffusion massive de fausses informations. Or la prétendue “fausse” déclaration aurait été communiquée oralement à une seule personne.
Le 26 octobre 2023 le tribunal d’Athènes a pourtant condamné le journaliste franco-canadien indépendant Romain Chauvet à six mois de prison avec sursis pour avoir formulé une fausse alerte à la bombe dans l’aéroport de la capitale hellénique. Le reporter sera jugé en appel le 27 mars.
“Justifiée par un dossier quasi vide, la condamnation de Romain Chauvet en première instance est révoltante. Nous appelons solennellement la cour d’appel d’Athènes à relaxer le journaliste. Si la première décision est confirmée en appel, le reporter franco-canadien deviendra le seul journaliste arbitrairement condamné dans un État membre de l’Union européenne. En Grèce, une telle décision serait une épée de Damoclès au-dessus des journalistes, les menaçant de sanctions abusives, inadmissibles.
Le 12 octobre 2023, alors qu’il s’apprête à couvrir le rapatriement de ressortissants canadiens en provenance d’Israël à l’aéroport international d’Athènes, Romain Chauvet est placé en garde à vue pendant 24 heures. La police l’accuse d'avoir “voulu tester les systèmes de sécurité de l’aéroport” en émettant une fausse alerte à la bombe, ce que le journaliste nie catégoriquement. Très vite, les médias grecs reprennent massivement la version de la police, et le journaliste est victime d’une campagne de dénigrement. Deux semaines plus tard, le correspondant de Radio Canada, de la chaîne d'information BFMTV et du média en ligne Courrier des Balkans, est condamné sur la base du seul témoignage d’une employée de guichet de l’aéroport.
La Grèce se situe au 88e rang sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2024, la pire place au sein de l’Union européenne.