Deux journalistes libérés sur décision de la cour d'appel

01/04/03 Le 1er avril, la cour d'appel tchadienne a accepté la demande de mise en libération provisoire de Nadjikimo Bénoudjita, directeur de publication de Notre Temps, et de Mbainaye Bétoubam, rédacteur en chef adjoint du même hebdomadaire. Après quelques formalités administratives, les deux reporters ont été autorisés à rentrer chez eux. Lors de la prochaine audience, fixée au 22 avril, le fond de l'affaire sera abordé. Les deux prévenus y comparaîtront librement. ________________________________________________________________ 31/03/03 Reporters sans frontières demande aux autorités judiciaires d'accepter la demande de mise en liberté provisoire de deux journalistes A l'occasion de la prochaine audience du procès en appel, le mardi 1er avril, de Nadjikimo Bénoudjita, directeur de publication de Notre Temps, et de Mbainaye Bétoubam, rédacteur en chef adjoint du même hebdomadaire, Reporters sans frontières exhorte les autorités judiciaires à accepter la demande de mise en liberté provisoire des deux journalistes. Rien ne justifie la détention de ces deux hommes qui n'ont fait qu'exercer leur activité professionnelle. L'organisation avait déjà souligné, dans un communiqué du 6 février 2003, que les Nations unies considèrent la détention "en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion" comme "une violation grave des droits de l'homme". Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les conditions de détention des deux journalistes sont particulièrement éprouvantes. Depuis leur prison à N'Djamena, ils ont rédigé plusieurs articles sur le monde carcéral. Suite à ces publications, les deux journalistes ont été harcelés par d'autres détenus et les autorités pénitentiaires. Le 6 février 2003, à N'Djamena, Nadjikimo Bénoudjita et Mbainaye Bétoubam avaient été condamnés à une peine de six mois de prison et à verser deux millions de francs CFA (plus de 3 000 euros) au titre de dommages et intérêts. Le tribunal les avait également condamnés à ne plus exercer leur métier pendant huit mois et avait ordonné la fermeture du journal pendant trois mois. Les deux journalistes ont été condamnés suite à une plainte de Madame Hadjé Billy Douga, directrice des affaires sociales au ministère de l'Action sociale et de la femme, et belle-mère du président de la République. Notre Temps avait publié un article selon lequel Hadjé Billy Douga, victime d'un vol de bijoux, se serait vengée en faisant torturer les voleurs présumés. L'un d'eux serait décédé des suites de ses blessures. La police avait soutenu que le voleur serait mort des suites d'une maladie incurable. Les deux reporters, quant à eux, avaient affirmé au tribunal avoir puisé leurs informations dans les registres de la cour d'appel de N'Djamena.
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Mise à jour le 20.01.2016