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12 novembre 2021

Yémen : un couple de journalistes ciblé par un attentat à la voiture piégée

Une journaliste a été tuée dans un attentat à la voiture piégée à Aden, tandis que son époux, lui-même journaliste, a été transporté à l’hôpital dans un état grave. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette attaque ciblée et déplore la dégradation de la situation à Aden pour les journalistes.

Dans l’après-midi du 9 novembre, la journaliste Rasha Abdallah Alharazy, correspondante pour la chaîne El Sharq, a été tuée à Aden, capitale provisoire du Yémen, contrôlée par le Conseil de transition du sud (CTS) et son mari, Mahmoud Alotmei, également journaliste et correspondant pour la chaîne émiratie Al Ain,  a été grièvement blessé dans l’explosion de leur voiture. Le couple de journalistes a été victime d’un attentat à la voiture piégée  alors qu’il s’apprêtait à se rendre à l'hôpital où Rasha devait accoucher.


Si l’attaque n’a pas été revendiquée, les soupçons se dirigent vers les rebelles houthis, qui contrôlent notamment l’ancienne capitale Sanaa, ou encore la ville portuaire de Hodeida. Selon des informations recueillies par RSF, Mahmoud Alotmei documentait les violations commises dans les zones tenues par la milice chiite. Dans un tweet publié peu de temps après cette attaque, le journaliste indépendant Baseem Al-Jenani révèle qu’il avait échangé avec son confrère via WhatsApp le 6 novembre dernier, capture d’écran à l’appui. Il l’avait prévenu que des Houthis avaient cherché à obtenir des informations sur lui, telles que l’adresse de son domicile, ainsi que le modèle de sa voiture et sa plaque d’immatriculation. De son côté, le blogueur des droits humains pour la Yemeni Coalition for Monitoring Human Rights Violations, Riyadh Aldubai, rapporte que les Houthis avaient placé le frère de Mahmoud Alotmei en détention en vue de l’intimider.


RSF condamne ce crime odieux et appelle à l’ouverture d’une enquête pour retrouver les coupables, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, Sabrina Bennoui. Aden est devenue aujourd’hui la ville la plus dangereuse pour les journalistes critiques au Yémen et le centre névralgique des assassinats ciblés.


Depuis le début de l’année, quatre journalistes ont été tués à Aden. Le 10 octobre, trois journalistes avaient trouvé la mort dans l’exercice de leur métier à la suite d’un attentat qui ciblait un convoi comprenant notamment le gouverneur de la province et des membres du gouvernement.


Le Yémen occupe la 169e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.