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20 juillet 2017 - Mis à jour le 3 août 2017

Venezuela: #SOSPresse, le cri d’alarme de RSF pour dénoncer l’escalade de la violences contre les journalistes

LUIS ROBAYO / AFP
C’est avec une image choc et un hashtag #SOSPresse lancé sur les réseaux sociaux, que RSF souhaite attirer l’attention du public sur l’intensification de la répression contre la presse vénézuélienne et la censure qui s’abat sur les journalistes dans tout le pays.

L’aggravation de la crise politique et économique dans le pays, symbolisée par la montée de la grogne sociale et les très nombreuses manifestations contre le gouvernement de Nicolas Maduro s’est accompagnée, au cours de l’année 2017, d’une dérive autoritaire et d’une véritable chasse aux journalistes.


A plusieurs occasions, notamment lors de la Journée nationale du Journaliste le 27 juin dernier, RSF a dénoncé cette répression du gouvernement et cette préoccupante intensification des violences contre les travailleurs de l’information.


Dernier exemple en date, en marge du vote pour l’élection de l'Assemblée constituante, le dimanche 30 juillet, quatre journalistes ont été arrêtés et placés en détention provisoire, et de nombreux autres ont été attaqués et menacés. Pour avoir couvert en direct les manifestations, les canaux TV Televen et Venevisión ont été accusés publiquement de faire du ‘terrorisme médiatique’ par le président Maduro, qui a par ailleurs demandé à la Conatel (Commission nationale des télécommunications) de mener une enquête sur Televen pour ‘apologie du délit’.


Cette même Conatel avait déjà fait pression sur de nombreux médias TV et radios pour les empêcher de couvrir le référendum anti-Maduro organisé le dimanche 16 juillet par l'opposition. Une tentative de censure dénoncée par plusieurs organismes professionnels, comme le SNTP (Sindicato nacional de los trabajadores de la prensa) et le CNP. Le jour du vote, le journaliste Luis Olavarrieta, du site d’informations Caraota Digital, a par ailleurs été violemment pris à partie par des hommes armés.


#SOSPresse est un appel à la mobilisation, porté par une image choc qui symbolise la violence à laquelle sont confrontés les journalistes vénézuéliens chaque jour. “L’appareil photo qui explose sous l’impact d’une balle, le brassard “press” noyé dans l’ombre, la bouche du journaliste masquée, sont autant de symboles pour représenter la dangereuse escalade de la violence et attirer l’attention du public sur la mise en péril de la liberté d’expression et de la liberté de l’information au Venezuela”, explique Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de l’organisation.


Visuel réalisé par l'agence internationale de branding Cheeeeese! *

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RSF profite de cette occasion pour également attirer l’attention sur le cas de Carlos Julio Rojas, journaliste du programme radio et TV Radar de los Barrios, emprisonné depuis le 6 juillet dernier dans la prison militaire de Ramo Verde. Carlos Julio a été arrêté, sans mandat judiciaire, par la Police nationale bolivarienne lors d’une manifestation. Il est accusé de ‘trahison à la patrie’, de rébellion et d’avoir volé du matériel à l’armée, des grenades ayant été retrouvées dans son sac peu de temps après son arrestation. D’après son avocat, ces objets ont été placés dans son sac à son insu. Il s’agit du premier journaliste vénézuélien appelé à comparaître devant un tribunal militaire au Venezuela. RSF conteste fermement la tenue de ce procès et rappelle qu’aucun civil ne peut être jugé devant un tribunal militaire, conformément à la jurisprudence de la Cour Suprême du Venezuela depuis 1981.


Le Venezuela est classé 137e sur 180 pays au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2017.


*Chiffres actualisés au 27 juillet 2017